La recherche expliquée à tous

Les communautés politique et scientifique commencent à être d’accord sur une réalité : dans toute démarche scientifique et de recherche innovante, au delà des moyens financiers, il faut veiller à faciliter la compréhension du public de façon à obtenir des prises de conscience positives et des comportements citoyens plutôt que des résistances aux changements. C’est sur un de ces constats qu’est organisé le premier Salon Européen de la Recherche ouvert à tous du 3 au 5 juin à Paris.

Parmi le choix multithématique de conférences, Domoclick vous recommande :

- L’hydrogène et les piles à combustibles : une filière énergétique d’avenir ?
- La Maison sensible et objets communicants,
- Le béton intelligent,
- Ordinateurs et intelligence artificielle,
- Les freins psychologiques à l’innovation.

Discours de Michel Claessens, le 3 mars 2005 à Bruxelles, Responsable par intérim de l’Unité d’information et de la communication, à la Direction générale pour la Recherche de la Commission européenne “ Le Salon Européen de la Recherche, manifestation préparée par Jean Audouze, François-Denis Poitrinal et leur équipe est un événement, à notre connaissance, unique en Europe.(…). L’Union européenne (UE) consacre un budget important à la recherche, environ 5 milliards d’euros par an. La Commission européenne et les gouvernements des pays européens envisagent de doubler cette enveloppe à partir de 2007. Si ce doublement devait intervenir, le budget de recherche de l’UE représenterait 10 % du budget de la recherche civile en Europe. (Notre précédent commissaire, M. Busquin, avait pour habitude de dire : « Ne considérez pas la recherche comme une dépense mais comme un investissement pour l’avenir »). Nous pensons, et j’en suis personnellement convaincu, que cet effort renouvelé en faveur de la recherche devra s’accompagner d’un effort tout aussi accru en termes de communication, notamment envers le « grand public ». En effet, de nombreux événements scientifiques ont lieu chaque année en Europe. Il s’agit en majorité de conférences d’experts, d’ateliers techniques de petite taille et souvent fermés au public, dont les seuls intitulés suffiraient à susciter chez vous un ennui profond. Dans ce contexte, le Salon Européen de la Recherche est unique, dans la mesure où il implique deux communautés, qui généralement ne se mêlent pas : les scientifiques d’une part et le grand public, d’autre part. La Commission européenne s’est activement engagée en faveur d’un dialogue plus étroit entre la science et la société. Par exemple, nous organisons en novembre 2005 une conférence à Bruxelles intitulée «  Recherche européenne et communication », dont le but sera d’obtenir des financements de l’UE. Bien entendu, toutes les manifestations de ce type ne doivent pas être organisées par Bruxelles, ni avoir lieu dans cette ville. Nous serions enchantés de prendre en considération les projets émanant des États membres, notamment lorsqu’ils sont élaborés, comme c’est le cas pour l’opération actuelle, de manière très professionnelle. Selon moi, la science en Europe se trouve dans une situation extrêmement grave. Nous avons reçu, avant-hier, les résultats d’une enquête d’opinion menée dans 32 pays européens en janvier 2005. Nous reviendrons plus en détail sur cette étude lors du Salon. Toutefois, selon les premières conclusions disponibles, seul 30 % des citoyens européens s’affirme très intéressé par la science et la technologie. Aux États-Unis, ce chiffre s’élève à 45 % (en 2001). Par ailleurs, l’intérêt global pour la science a diminué depuis 1992 dans les 15 États d’origine de l’Union (UE15). Ce déclin est particulièrement significatif dans des pays tels que la France (-7 %), le Royaume-Uni (- 8%), l’Espagne (-12 %) et l’Italie (-27 %). Nous devons porter une attention toute particulière à cette tendance, qui est peut-être symptomatique d’une défiance profonde et croissante envers la communauté scientifique et le monde des hautes technologies. Je vous remercie de votre attention”

Extrait du discours de Michel Claessens, le 3 mars 2005 à Bruxelles
CONTACT: Michel.claessens@cec.eu.int Téléphone +32-2-295 99 71. 200 rue de la Loi – 10490 Bruxelles – Belgique.
http://www.salon-de-la-recherche.com/index.php

Catherine Vautrin signe le premier «Label Habitat Seniors Services»

Un protocole d’engagement intitulé « Label Habitat Senior Services » visant à labelliser des logements pour les seniors a été signée mardi 12 avril 2005 à l’hôtel de ville de Reims (Marne) par Mme Catherine Vautrin, secrétaire d’Etat aux Personnes âgées et M. Marc Philippe Daubresse, ministre délégué au Logement et à la Ville entre l’Etat, le Conseil général de la Marne, la ville de Reims et le Foyer rémois, partenaires de ce projet.

Ce Label Habitat Senior Services, impulsé par l’association Delphis qui regroupe seize sociétés anonymes HLM gérant plus de 132.000 logements sociaux sur onze régions, souhaite proposer aux personnes âgées un habitat alternatif aux structures spécialisées, leur permettant de rester à domicile le plus longtemps possible dans un cadre de vie garantissant la mixité des publics. Conscient du vieillissement de la population, Delphis a décidé, depuis plusieurs années, de mener une réflexion sur le logement des personnes âgées et à travailler sur leur maintien à domicile.

« Dans les organismes de logement social, qui hébergent 15% de la population, 24% des titulaires de bail ont plus de 60 ans » et « ce pourcentage augmente d’un point tous les ans » précise M. Francis Déplace, directeur de Delphis. Bien entendu, « cette évolution démographique implique une croissance rapide des problèmes liés au handicap et à la dépendance » ajoute le responsable de l’association.

D’où l’importance d’envisager dès maintenant, le maintien à domicile de ces personnes âgées, qui passe par la mise en œuvre d’une politique d’habitat adaptée visant à répondre aux besoins de demain. « S’il est indispensable de s’occuper des quartiers qui vieillissent, il l’est tout autant d’accompagner les personnes vieillissantes qui résident dans ces quartiers et de leur permettre de bien vieillir dans la ville » indique Mme Vautrin. Et d’ajouter que tous les acteurs de ce secteur « doivent unir leurs efforts pour anticiper au mieux les conséquences de la révolution de la longévité ». Le Foyer Rémois, entreprise privée et bailleur social, va donc expérimenter cette offre développée en terme de services (actes de petit bricolage, mise en place de téléalarme, aide à certains actes administratifs) et d’adaptation du bâti (logement, abord et parties communes) pour les aînés, sur les quartiers Europe, Wilson et Centre-Ville.

Et de préciser que ces « sites ont été retenues selon les critères de proximités des commerces et des équipements publics et d’accessibilités par les réseaux de transports ». Il s’agit d’une « expérimentation originale » et d’un « projet local à forte portée emblématique pour le pays » qui « témoigne de la prise en compte croissante du vieillissement dans les politiques urbaines et spécifiquement les politiques de l’habitat » a souligné Mme Vautrin. Ce label sera attribué de façon diffuse sur l’ensemble immobilier du Foyer Rémois. Il sera appliqué à certains logements en fonction des possibilités d’adaptation du bâti et de l’environnement de services existants.

Il souhaite répondre à plusieurs objectifs : -structurer à long terme la politique des bailleurs vis-à-vis des personnes âgées et handicapées . -proposer aux bailleurs une méthodologie basée sur le partenariat avec les acteurs locaux du maintien à domicile . -développer au niveau local une offre durable de logements adaptés aux aînés et enfin, -faire connaître cette offre au niveau du territoire pour l’ensemble des acteurs concernés. Un diagnostic reposant sur un outil informatique appelé Plan Stratégique du Patrimoine Personnes Âgées (PSP – Personnes âgées) devrait permettre au bailleur d’identifier : les ensembles immobiliers présentant un problématique vieillissement préoccupante .

les ensembles les plus adaptés au maintien à domicile des personnes âgées et les logements sur lesquels des adaptations ont déjà été apportées pour ces personnes. Dans un premier temps, trois autres sociétés HLM en plus du Foyer Rémois testeront le label : Seine Manche Immobilière (Yvetot en Seine Maritime) . La Société Dauphinoise pour l’habitat (Grenoble) et Habitat du Nord (Villeneuve d’Ascq). Sur ces quatre sites, des enquêtes de terrain seront menées en 2005, afin de définir les besoins des personnes âgées en terme de bâti et de services de proximité. Courant 2006, les personnels de proximité (gardiens d’immeubles, personnel des agences de proximité…) seront formés afin qu’ils aient une meilleure connaissance des problématiques des personnes âgées et enfin, en 2007, le label sera mis en place sur les sites pilotes.

Des enquêtes de satisfaction, permettront alors de vérifier l’efficacité du dispositif. ""Faciliter la ""pratique de la ville"" aux personnes âgées, mieux répondre à leurs besoins en matière d’habitat, de transports, d’accès aux services, renforcer le lien entre les générations dans les quartiers, dans chaque immeuble, voila autant de défis que nous devons relever ensemble » a indiqué la secrétaire d’Etat, ajoutant qu’il « est nécessaire de construire des établissements pour personnes âgées dans les quartiers, des maisons de retraite à taille humaine bien insérées dans leur environnement et permettant de maintenir les aînés pleinement intégrés à la vie de la Cité ».

Source : http://www.senioractu.com

Le haut débit Internet sur le réseau électrique

Alors que l’Union Européenne veut ouvrir le marché du haut-débit par Courant Porteur de Ligne (CPL) en publiant le 6 avril 2005 une recommandation visant à clarifier les règles d’utilisation du CPL dans les Etats de l’Union, le ministre de l’industrie, Patrick Devedjian, a donné vendredi 22 avril le coup d’envoi à la technologie d’accès à l’internet par le réseau électrique.

Une solution prometteuse puisqu’elle ne nécessite pas de recablâge et exploite le réseau électrique existant dans les bâtiments. Destinée aux territoires enclavés mais susceptible de s’étendre aux zones plus denses, comme la région parisienne, le CPL est une solution alternative à l’ADSL. A LA HAYE DU PUITS (AFP)

- Ce nouveau système a été lancé par le ministre depuis La Haye du Puits, une communauté de communes de 2.000 habitants du département de la Manche. C’est la première offre commerciale en France d’accès par haut débit à l’internet via la technologie dite des courants porteurs de ligne (CPL), une alternative à l’ADSL. Vieille d’une trentaine d’années, cette technologie n’a jamais été offerte sur le marché grand public mais EDF l’utilisait en interne. Elle permet d’emprunter le réseau électrique classique pour acheminer des données numériques.

Les investissements sont modiques puisqu’il suffit d’adapter le réseau avec des modems installés dans les transformateurs. L’affaire est d’autant plus intéressante pour les collectivités locales qu’elles sont propriétaires du réseau EDF, comme l’a souligné M. Devedjian. En bout de chaîne, pour avoir accès à la toile, il suffit de s’équiper d’un modem, dont le prix ne devrait pas dépasser 100 euros, et de brancher son ordinateur dans la prise électrique. Moyennant 25 euros mensuels, la trentaine d’abonnés actuels de La Haye du Puits, dont le curé du village, dispose d’un accès à 1 mégabit/seconde et à la téléphonie illimitée.

C’est un fournisseur d’accès internet (FAI) qui commercialise le service et non pas EDF. M. Devedjian a insisté sur ""une séparation claire"" entre les activités de distribution d’énergie et de communication. Pionnier dans le CPL, le conseil général de la Manche a lancé il y a près de deux ans les premières expérimentations en matière de CPL. Il s’agissait dans le cadre de l’aménagement numérique du territoire de permettre à des régions à population peu dense, qui n’allaient pas être couvertes par l’ADSL en raison d’investissements trop lourds, d’avoir malgré tout accès à l’internet.

Aprés avoir étudié des expériences espagnole et allemande, le sénateur de la Manche, Jean-François Le Grand, très intéressé par les technologies de l’information et de la communication (TIC), a convaincu ses troupes de se lancer dans le CPL. ""Nous n’avions pas d’a priori sur une technique ou une autre. Il s’agissait pour nous de prendre la technique la plus adaptée"", a-t-il déclaré à l’AFP. M. Devedjian a souligné que le CPL n’allait pas remplacer l’ADSL mais qu’il ""veillerait à ce qu’aucune barrière n’empêche le développement des technologies alternatives à l’ADSL"".

""Il s’agit de ne pas mettre tous nos oeufs dans le même panier. Comme on ne sait pas quelle technologie sera utilisée dans 10 ans, il faut les avoir toutes à l’oeil et faciliter leur évolution"", a-t-on indiqué dans son entourage. Une autre expérience est en cours dans la région parisienne. Le syndicat intercommunal de la périphérie de Paris pour l’électricité et les réseaux de communication a lancé un appel d’offre pour un réseau de CPL. Plusieurs candidats ont répondu, a indiqué à l’AFP, Vincent Fouchard, chargé du dossier. Le réseau concerne 1,7 million d’abonnés auxquels il faut proposer une offre d’accès internet avec téléphonie. Pour M. Fouchard, ""il faut aussi promouvoir le CPL dans les zones de population importante pour que le marché tire le CPL et ainsi baisser les investissements, comme cela a été le cas pour l’ADSL"". Présentation du Courant Porteur de Ligne pour les collectivités: [->http://www.haut-debit.gouv.fr/pourquoi-comment/cpl.html] La recommandation visant à clarifier les règles d’utilisation du CPL dans les Etats de l’Union.

Il s’agit, selon le texte de « renforcer la concurrence en ouvrant le marché à des nouveaux FAI haut débit via le CPL ». La commission recommande notamment « d’éliminer tout obstacle réglementaire injustifié […] qui entrave le déploiement des systèmes de communication à large bande par courant porteur ». Une recommandation qui devrait permettre l’émergence de nouveaux acteurs utilisant le réseau électrique comme alternative à la boucle locale de France Télécom pour la distribution de services à haut débit. Notons enfin que le texte de la commission fournit l’ensemble des innformations nécessaires pour s’assurer de la conformité des services CPL avec la directive CEM (relative à la compatibilité électromagnétique).

Source : http://www.reseaux-telecoms.com

Interview de Bruno de Latour, spécialiste de la domotique

Domoclick lance un tour du monde d’interviews exclusives sur la situation du marché de l’habitat innovant et de la maison en réseau. Parmi les personnalités privés et publics, voici le premier entretien avec Bruno de Latour, directeur de Intelligent-Habitat.com à New-York et fondateur de Domotique-News à Paris.

A la fois inititiateur (depuis 84), observateur, conférencier, éditorialiste avec Domotique-News et défenseur de la domotique pratique , Bruno de Latour porte un regard critique et objectif sur la situation en France et en Europe. Depuis qu’il rencontre, de la Californie à Singapour, les nombreux acteurs de ce marché mondial en pleine structuration, il sait de quoi il parle et l’a confié à Domoclick. Pourquoi les Français boudent alors qu’ils adoptent le haut-débit et que les fabricants français commercialisent des produits attractifs ? Comment les nouveaux métiers commencent à faire leur place ? Les initiatives sur ce qui se fait en Asie, chez nos voisins Belges, Allemands et Espagnols. Ce courant ne passe pas en France, et si c’était qu’une question de pédagogie ?

Domoclick : Vous êtes le premier en France à observer depuis 20 ans l’évolution de la maison communicante. Quels principaux constats retenez-vous aujourd’hui sur l’état de ce marché mondial depuis le récent Salon CeBit à Hanovre ?

M. de Latour : Ce que je constate globalement c’est que la France continue de creuser son retard, cela fait déjà plusieurs années que je le remarque. Dans les années 80, on était pourtant parti en tête, en innovant dans le sillage du Minitel. Et puis le désanchantement d’ expériences plus ou moins réussis, de lancement un peu hâtifs de systèmes, on s’est installés doucement sur une pente régulière. Maintenant, nous sommes vraiment très en retard alors qu’en Espagne, en Grande-Bretagne, en Suisse et en Allemagne le marché décolle. Il y a une poussée importante en Italie et la Belgique se mobilise par des expositions et une large de gamme de produits. En Asie où je participais à une conférence à Singapour en 2004 sur le bâtiment intelligent, il y a véritablement une avancée en ordre organisée par les instances gouvernementales. En Corée avec le Ministère de l’information et de la Communication (MIC) qui a lancé un programme de constructions de 10 millions de logements numériques d’ici 20 ans: un budget de 1,54 milliards d’Euros ! Au Japon aussi avec le Miti, il s’agit d’un vrai plan dans lequel il y a des objectifs de constructions , des programmes tous dotés d’un précâblage dans toutes les pièces avec le haut-débit Internet, des bâtiments collectifs avec des portiers vidéos sans oublier la multiplication des objets communicants.

Domoclick : Et aux Etats-Unis ? qui n’en finit pas de présenter des “Connected Homes” dans tous les salons de l’habitat et des loisirs numérique ?

M. de Latour : Le marché du home-network (NDLR: réseau au domicile) va toucher 31,6 millions de foyers américains en 2008, soit près de 30% des foyers. Depuis deux ans, je travaille aux Etats-Unis comme consultant avec ma société Intelligent-habitat.com à New York c’est un marché où l’on est bien accueillis. Nos interlocuteurs sont à l’écoute et tout ce que vous dîtes est jugé intéressant quand on vient de France !

Domoclick : On vous passe des commandes ?

M. de Latour : Oui , je travaille sur un projet de plusieurs maisons en Floride et des appartements haut de gamme à New York , on passe des commandes à un français qui n’est pas connu mais qui , aux yeux des Américains, est enthousiasmant et apporte des idées innovantes qu’il apporte. Je travaille avec des bureaux d’études français et des jeunes BTS domotique participent à la réalisation des plans de maisons communicantes. Aux Etats-Unis, le marché avance moins vite qu’en Asie mais de façon constante à travers des salons sur la domotique, une presse spécialisée, des émissions à la radio et à la télévision. Il y a des constructeurs qui vendent des maisons avec ""le confort moderne"" je dirais, c’est à dire une variation de l’éclairage, des sécurités par zone, une gestion de l’énergie, un home-cinéma ou une salle de télétravail. Aujourd’hui, aux Etats-Unis 42% des nouvelles maisons disposent d’un câblage structuré, c’est très pratique, quand je rentre chez moi en voiture je veux que le portail s’ouvre, la lumière s’allume dans le garage, la musique s’enclenche, la sécurité se désactive, des applications simples. On est aujourd’hui en France dans une “domotique Napoléonienne”. On ne pense qu’aux dorures, qu’aux beaux meubles et aux poignées de porte. Je suis le défenseur des consommateurs et le praticien de la domotique à travers mes propres logements mais aussi des expositions comme “la maison du futur” au CNIT (89-93), plusieurs réalisations de maisons à Deauville comme en région PACA.

Domoclick : Alors pour quelle principale raison la domotique se vend bien en Belgique ou en Espagne ?

M. de Latour : Il n’y a pas une seule explication mais un ensemble de phénomènes. En Espagne, les universités travaillent depuis longtemps sur le sujet, il existe plusieurs cabinets d’études, des salons comme Domogar et le portail Casadomo.com. C’est avec toute une conjonction d’actions qui font que le marché prend une tournure positive. En France, il y a des initiatives qui se contrecarrent les unes des autres , une absence de mobilisation des promoteurs-constructeurs et un manque de soutien des pouvoirs publiques. On ne peut que constater l’absence de congrès significatis ou d’associations mobilisées.

Domoclick : N’est-il pas temps de développer un label ou un réseau multimarques d’installateurs de maisons à domotiser pour que le client final identifie mieux à quel professionnel s’adresser ?

M. de Latour : Oui, je pense qu’il faudrait une chaîne de professionnels formés qui aille de l’architecte, du domoticien à l’installateur avec des packages de produits simples à installer qui répondent bien aux besoins. Est-ce un rêve ? mais on peut réflèchir avec les syndicats et fédérations dont certaines sont partantes même si elles sont difficiles à se mobiliser. Saluons l’initiative par exemple du SYCABEL avec sa plaquette sur “Le logement multimédia”. S’il y avait une volonté de la part des représentants des professionnels pour promouvoir des solutions qui permettrait de greffer différentes offres produits, ça irait beaucoup plus vite. Mais en France il n’y a pas de volonté de travailler en groupe alors que juste à coté de nous, en Belgique, le Salon du bâtiment Bâtibouw vient de se terminer avec 60 exposants de solutions domotiques. Avec des stands d’informations sur l’installation, une motivation générale. En Belgique ils ont pris une avance étonnante avec bons nombres d’exemples dont Living Tomorrow. Même en Suisse, on multiplie les inaugurations de maisons où Bill GATES vient de présenter une maison avec un grand constructeur de mâtériel électrique américain. Quand vous regardez ce qui se fait, depuis 18 ans que je voyage à travers le monde et que j’observe ces marchés, en arrivant en France, je reste stupéfait ! Notre retard m’inquiète vraiment.

Domoclick : Pourtant, du côté des fabricants, les français comme Delta-Dore, Legrand, Schneider-Electric, Alcatel, Hager , donnent le ton ?

M. de Latour : Ha oui , les fabricants français qui sont en réalité Européens, ne demandent que d’aller de l’avant. Ils exposent dans les salons de l’électricité mais leurs principales commandes viennent d’ Espagne, de Belgique, d’Angleterre et d’Allemagne. Ces marchés se portent bien, la société française qui fournit les composants d’Echelon avec ses solutions courant-porteur, passe plus de temps en Espagne, ça représente 7 à 8 fois les commandes françaises. L’innovation de Delta-Dore est aussi remarquable !

Domoclick : Les chantiers de constructions interactives que vous avez développé avec PHI répondent-ils aux attentes ? êtes-vous en train d’enclencher ce qui serait adapté au marché français ?

M. de Latour : En tous cas, c’est vraie j’essaie de convaincre les responsables régionaux pouvoirs publics sur ce qu’il faudrait développer sur l’habitat interactif et j’essaie de démontrer que le télétravail est un vrai créneau, que les personnes âgées ont besoin de communiquer, qu’il est utile de pouvoir identifier une chute, une fuite, un départ d’incendie. Il y a là des applications beaucoup plus proche des utilisateurs, c’est l’approche de l’habitat interactif. Cela touche le télétravail et la santé, on est en train de développer avec ces maisons expérimentales très habitables qui ont des fonctions de cabinet médical déporté qui permettront de quitter l’hôpital plus tôt grâce à un télésuivi de santé. Mes projets sont financés par les côtisations des industriels que je réunis au sein d’une association PHI14.

Domoclick : La domotique n’est plus un concept mais une réalité, au delà de la frilosité des grands constructeurs de maisons , qu’est ce que vous proposez ?

M. de Latour : Au lieu de faire la Maison à 100.000 € pourquoi ne ferait-on pas la Maison confort-pour-tous , la Maison-sensible ou la Maison écolo-high-tech ? Un habitat qui s’adapte à ses occupants. Je suis prêt à collaborer avec des constructeurs promoteurs qui croient en ces marchés ou avec des fabricants de systèmes innovants pour élaborer une offre mieux adaptée aux consommateurs.

Domoclick : Regardons plus loin, qu’est ce qui vous encourage le plus sur les capacités Françaises à combler le retard dont vous parlez ?

M. de Latour : Le plus encourageant est de voir avec quelle vitesse les français, surtout les plus jeunes, adoptent le haut débit. Aujourd’hui 46,3% de la population française, soit 24,14 millions de français sont abonnés, la France a pris la tête des pays européens, dépassant même l’Allemagne. Un phénomène que l’on retrouve également avec l’adoption très rapide par les français du téléphone GSM. Donc, les technologies domestiques ne font plus peur. Mais il ne faut pas rêver , sauf à de rares exceptions, on ne peut attendre d’éclaircie du secteur de l’immobilier. L’innovation va venir des utilisateurs et de l’immense potentiel d’Internet, du futur internet avec l’ipV6, des téléservices… En définitive, si on parvient à mettre au point des solutions simples accessibles au plus grand nombre, on séduira les Français.

Propos recueillis par Jérôme ROBERT pour Domoclick et La Lettre de BATIMIP

Bruno de Latour est également enseignant en domotique à l’université de Rennes et prépare un livre à paraître en novembre 2005.
-Premier site d’information sur la domotique et les techniques associés: http://www.domotique-news.com
- Site grand public d’information sur les produits, les solutions disponibles pour rendre sa maison communicante : http://www.maison-communicante.com
- Casadomo.com, portail de la domotique créé par des architectes espagnols : http://www.casadomo.com

TÉLÉDÉCLARATION

Le nombre de connexions au site impots.gouv.fr ne faiblit pas et a provoqué depuis le 8 avril une saturation du dispositif. Le ministre du Budget Jean-François Copé a donc annoncé mardi 19 avril sur TF1 un nouveau report, au 15 mai, de la date limite des déclarations de revenus 2004 par internet, pour faire face aux embouteillages qui perdurent sur le site des impôts.

Mardi, le cap de 2,8 millions de télédéclarations avait été franchi, a précisé le ministère des Finances. ""Le cap des 3 millions sera franchi cette semaine"", a-t-il indiqué dans un communiqué alors que l’ objectif initial pour la totalité des déclarations était de 1,5 million. Comparativement, l’an dernier, les télédéclarants avaient été 1.252.319 (sur quelque 33 millions de foyers fiscaux), et ils étaient 601.025 en 2003. ""Compte tenu des difficultés et des embouteillages qu’on a encore constatés, j’ai décidé de reporter au 15 mai à minuit la date limite pour la télédéclaration pour l’ensemble des télédéclarants"", a annoncé M. Copé.

C’est le deuxième report accordé par Bercy, après celui du 8 avril, en raison du grand succès de la déclaration par internet qui engendre des difficultés de connexion. Bercy rappelle que ""les périodes les plus propices se situent en semaine ou avant 13H00 le week-end"". Jusqu’à présent, les habitants de la zone A (académies de Caen, Clermont-Ferrand, Grenoble, Lyon, Montpellier, Nancy-Metz, Nantes, Rennes, Toulouse) avaient alors jusqu’au 25 avril. Ceux de la zone C (académies de Bordeaux, Créteil, Paris, Versailles) et des départements d’outre-mer jusqu’au 27 avril et ceux de la zone B (Aix-Marseille, Amiens, Besançon, Dijon, Lille, Limoges, Nice, Orléans-Tours, Poitiers, Reims, Rouen, Strasbourg) et de la Corse jusqu’au 29 avril. La déclaration par internet, outre les délais supplémentaires qu’elle procure, évite d’avoir à envoyer des justificatifs pour un grand nombre de dépenses ouvrant droit à des réductions d’impôts, et permet de bénéficier d’une remise de 20 euros sur l’impôt à acquitter. En cas de difficultés persistantes, il est possible d’appeler le 0 825 392 392, a indiqué le ministère.

Un Français sur quatre a déjà effectué une démarche administrative par Internet. La troisième édition du baromètre Adele de l’administration en ligne réalisé par BVA – c’est la première dont les résultats sont rendus publics – montre qu’Internet est le seul canal de communication entre l’administration et ses usagers qui enregistre une progression de son nombre d’utilisateurs. Quant aux taux de satisfaction, ils sont les meilleurs depuis la création du baromètre, en 2002.

Internet est surtout apprécié pour la recherche d’informations administratives ou la demande de formulaire. Mais au-delà des 27% de Français déjà utilisateurs, près d’un Français sur cinq se dit prêt à effecteur des démarches administratives en ligne (dans l’ordre, le renouvellement des pièces d’identité, la déclaration d’impôts et le suivi des remboursements de sécurité sociale. Les réticents, eux, invoquent leur non-équipement informatique ou Internet, et une certaine méfiance quant à la sécurité des données échangées va Internet. Eric Woerth, secrétaire d’Etat à la modernisation de l’Etat, tire les principaux enseignements de ce baromètre.

-La Télédéclaration des Impôts sur le revenu: http://www.impots.gouv.fr