Interview de Mme M.-J. Albert

L’Uniopss (Union Régionale Interfédérale des Œuvres et Organismes Privés Sanitaires et Sociaux) a fait valoir ses positions dans le cadre des groupes de travail préparatoires du plan « vieillissement et solidarité » dont la teneur doit être présentée par le gouvernement le 1er octobre. C’est à l’occasion du Salon DOMOPOLIS (19-21.09) que nous avons rencontré la directrice de la région Midi-Pyrénées pour qui la reconnaissance des métiers et le travail en réseau est aussi important que les moyens à débloquer.

Domoclick : Le 16 septembre, M. Fillon, ministre des Affaires sociales, a attribué le drame de la canicule aux défaillances de la veille sanitaire. Le gouvernement a débloqué 40 millions pour aider le retour à domicile des personnes âgées encore hospitalisées après la canicule. Quel est votre appréciation ?
 
Mme Marie-Josèphe Albert : Les 40 millions d’Euros sont plus une réponse à l’urgence, mais en aucun cas cela ne correspond aux besoins réels . Il y a bien longtemps que nous avons alerté les pouvoirs publics sur l’insuffisance des moyens du secteur « personnes âgées ». Je me souviendrai particulièrement de l’intitulé de notre journée régionale du 20 Mai dernier « La révolte des associations face au gel des crédits », puisqu’à cette journée nous avions invités nos adhérents et tous nos interlocuteurs pour qu’ils entendent ce que nous avions à dire. Sans doute n’étaient-ils pas suffisamment à notre écoute . Pourtant, il faut rendre hommage aux membres de notre réseau et celui de Midi-Pyrénées car face à l’urgence de la situation de cet été , ils ont su assumer. Cette situation d’urgence ne peut pas durer, il est clair qu’il y a des insuffisances de moyens nécessaires. A ce sujet, notre président, le professeur ALVAREL, s’exprimera lors de nos journées régionales.
 
Domoclick : S’agit-il également d’insuffisances d’équipements, de systèmes d’alertes dans les maisons de retraites, les établissements hospitaliers ou le domicile ?
 
Mme Marie-Josèphe Albert : Il y a des insuffisances sur la remise aux normes d’hygiène, de sécurité et de systèmes domotiques. Je suis présente au Salon Domopolis précisément parce que j’accorde beaucoup d’importance à ces questions là. Mais il existe surtout, une insuffisance importante de personnel soignant. Tout ceci ne se résout pas par le recrutement mais il y a un très gros problème de formation du personnel en poste. Il nous faut trouver des solutions de reconnaissance des compétences. En un mot, la Valorisation des Acquis de l’Expérience (VAE), dans notre secteur, est un très grand chantier.

Domoclick : Avec le bâtiment, l’action sociale et les infirmiers font partie des 30 métiers les plus recherchés d’ici 2010 d’après un rapport du Plan. Votre secteur est bien placé.
 
Mme Marie-Josèphe Albert : Oui , en particulier tout le personnel soignant, infirmières, aides soignantes pour les personnes âgées. Mais il y a plusieurs facteurs sur lesquels travailler, l’harmonisation des salaires, le recrutement. Il faut aussi que les carrières soient connus des jeunes, ce qui n’est pas toujours le cas.
 
Domoclick : A l’annonce prochaine du plan Fillon, le 1er octobre, sur la prise en charge des personnes âgées et au sein de votre organisation, quel est votre souhait le plus fort ?
 
Mme Marie-Josèphe Albert : Ce qui me tiens le plus à cœur c’est que l’ensemble du secteur de la santé travaille ensemble et travaille beaucoup plus en réseau. Face à ce qui s’est passé cet été, nous devons absolument avancer : faire en sorte que nous soyons tous reconnus à la fois sur nos métiers tout en reconnaissant le métier des autres. Ca veut dire, accepter de se spécialiser, accepter beaucoup plus de travailler en réseau. Et je crois précisément que la domotique et tous les systèmes communicants développés aujourd’hui sont des outils vraiment indispensables de travail en réseau. On l’a vu cet été dans certaines régions, nous étions en insuffisance de relais d’informations.

L’Uniopss est la tête de réseau des associations engagées dans l’action sanitaire et sociale. Elle rassemble 129 adhérents nationaux et, par le relais de 22 Uriopss, 7200 associations en région. -Daniel Druesne : Directeur de l’information : Tél : 01 53 36 35 06 -Uniopss : 133 rue Saint Maur 75541 Paris Cedex 11
www.uniopss.asso.fr

Interview de Bernard Moulas, Toutelectric

Interview exclusive de Bernard Moulas, directeur commercial et marketing du distributeur SCT-Toutelectric (26 agences, 110 M€ de chiffre d’affaires) fait le point sur la profession à l’issue du Salon TP-Bat élec à Toulouse (4-6 Mars), premier salon régional de l’année qui a attiré 13.500 visiteurs du grand Sud-Ouest.

Domoclick : Il n’y a pas eu de Salon « bâtiment » à Toulouse depuis 1998, quel est votre principal objectif dans la co-organisation de ce salon avec l’appui de la FFB Midi-Pyrénées, la CAPEB Union Régionale et la Fédération Française des Travaux Publics ?

Bernard Moulas : Notre volonté avec le Salon TPBat-élec est de faire un salon de proximité qui réunisse les thèmes de Batimat, Interclima et Elec, les grands salons parisiens et Européens. Parce qu’aujourd’hui les professionnels du sud ne montent plus à Paris. Il faut que nous puissions leur apporter cette possibilité là sur place. Nous avons réuni avec succès 150 fournisseurs, une trentaine de conférenciers et plus de 2000 personnes à la soirée de gala du 5.

Domoclick : Qu’est-ce qui a changé le plus dans votre métier ces dernières années ?

Bernard Moulas : On constate surtout une évolution marquante dans le tertiaire résidentiel, ainsi que sur tout ce qui touche à la programmation/régulation. Avec l’appui des nouvelles normes, c’est une véritable évolution aussi bien pour les installateurs et les fabricants. Evidemment, nous sommes là pour favoriser ce changement et former au maximum les gens sur le terrain.

Domoclick : Une des conférences du salon TP-Bat Elec a traité de la maison intelligente. Les fabricants se mobilisent-ils réellement sur ce marché ?

Bernard Moulas : Oui, ils sont même en avance. Dans la domotique, il y a déjà eu des avancés dès 1990 mais le terrain n’a pas forcément suivi. Maintenant, les marques se sont repositionnés avec des produits simples et plus efficaces, notamment en ce qui concerne la mise en oeuvre. On peut faire cette constatation à tous les niveaux : grand-public, tertiaire et même industriel. Notons qu’EDF a beaucoup contribué à cette évolution avec l’apport de propositions sur le bien-être et le confort du client. La nouvelle norme NF C15-100 donne de nouvelles possibilités aux électriciens.

Domoclick : Quels autres marchés se développent plus que d’autres ?

Bernard Moulas : Parmi les marchés porteurs c’est le génie climatique qui est en pleine expansion avec « l’effet canicule » de l’été dernier. Il y a eu une prise de conscience énorme mais je pense qu’il y a aussi un phénomène de culture où les gens réalisent que la climatisation c’est aussi leur chauffage . Nous sommes à des progressions de 400 à 500%, il s’agit maintenant d’un marché annuel qui n’est plus saisonnier. Nos fournisseurs leaders comme LG et DAIKIN ont des difficultés à nous livrer. Cette forte progression profite au marché professionnel qui ont besoin d’une climatisation avec les bureaux et les magasins des commerçants. Et maintenant dans le résidentiel où le chauffage se vend avec la climatisation dès la construction.

Domoclick : L’efficacité énergétique devient une préoccupation majeure, qu’elle place le chauffage électrique prend-il ?

Bernard Moulas : Il y a une prise de conscience très nette, le client demande un climatiseur réversible qui fasse le chaud en hiver et le froid en été avec le même appareil. La demande va vers le confort et la facilité d’emploi de l’électricité, tout tourne autour de ça, les promoteurs aussi s’y mettent. Non seulement la climatisation réversible y répond exactement mais cela permet à EDF d’éviter sur le réseau les pointes que subissent les centrales nucléaires entre la consommation été et hiver, ce qui est idéal pour eux. Je dirais que certainement dans les années à venir, il y aura les mêmes exigences que le gouvernement et les institutionnels vont pousser dans les secteurs résidentiel et tertiaire.

Domoclick : Vous êtes le premier grossiste indépendant dans un marché en croissance , n’êtes–vous pas exposé aux phénomènes de rachat ?

Bernard Moulas : La SCT Toutelectric est le premier grossiste indépendant à capitaux familiaux , fondé en 1937 par M. Royer, et nous tenons à le rester. Nous sommes aidé par nos fournisseurs pour être si présent sur le terrain, c’est grâce à ça que nous sommes capables de monter ce salon et nous permet de pérenniser notre indépendance. Question expansion, nous sommes opportunistes sur les hommes . quand on rencontre un homme capable, nous favorisons les extensions. On vient d’ouvrir le 1er mars une agence à Pamiers (09100) et nous avons d’autres agences en projet prévues pour cette année.

Domoclick : SCT Toutelectric a créé une CD-carte , ce mini-catalogue numérique et ses autres fonctionnalités remplit-il votre objectif d’interactivité auprès des installateurs ?

Bernard Moulas : Oui, c’est un vrai outil de communication simple et efficace parce qu’il permet de se renseigner sur les produits , les prix, un trombinoscope des commerciaux avec un catalogue et un moteur de recherche du matériel électrique le plus important de France. La CD-carte intégre les 400 fournisseurs et 25000 références photos et descriptif qui est le résultat d’une convention signé avec le portail électronique Européen Voltimum où près de 80% des fournisseurs électriciens sont référencés. Même si l’image papier est encore très vivante, les professionnels qui l’utilisent l’apprécient. Mais c’est une question de culture, il faut savoir précéder ce qui va se faire et en tant que distributeur nous nous devons d’anticiper, d’offrir de nouveaux services pour former et montrer ainsi ce qui se fera demain.

SCT Toutelectric : www.toutelectric.fr

Interview de Jacques Attali

Avec son nouveau livre « L’homme nomade », Jacques ATTALI ne jette plus seulement un regard approfondi sur nos comportements et l’impact du Net dans la vie sociale qui l’a fait investir dans Net Planet. Domoclick était impatient de l’interroger sur le cocooning, le nouveau télétravail et son livre. Des sujets qui unissent l’internaute chez lui devant la télé ou l’ordinateur et le nomade de la Route du Sel en Mauritanie.

Domoclick : Quel est le message que vous voulez faire passer dans votre dernier livre « L’homme nomade » ?

Jacques Attali : L’homme est « nomade » depuis 5 millions d’années , depuis qu’il existe , depuis la sédentarité qui commence il y a 7000 ans et se termine seulement maintenant comme une parenthèse dans la vie de l’homme . Et que l’essentiel des grandes innovations de l’homme ont été faites par les nomades et de nouveau, faîtes par des nomades.

Domoclick : Vous aviez intitulé une chronique en 1994,« nomadisme et cocooning » chez soi, l’homme nomade d’aujourd’hui a-t-il fondamentalement changé ?

Jacques Attali : Dans « l’homme nomade », je décris justement l’histoire du nomadisme depuis l’antiquité à l’anthropomorphisme. Ca correspond à une tendance très forte qui se profile entre l’accélération planétaire du nomadisme et en même temps un refus de ce nomadisme, en particulier de la part des élites. Le grand mot d’ordre depuis 15 ans a été, le droit de bouger, de circuler, de la libre circulation, alors que maintenant la grande revendication c’est le droit de ne pas bouger, le droit à l’immobilisme. Les technologies permettent aujourd’hui de choisir très librement l’un ou l’autre. Nomadisme ET cocooning. On peut être nomade et faire croire qu’on est sédentaire, vous pouvez faire croire que vous téléphonez de votre bureau ou de chez vous. On peut être sédentaire et faire croire qu’on est nomade, personne ne sait où vous êtes. Ce qui est en train d’arriver, c’est que la notion même d’être chez soi ou pas disparaît. On en arrive à cette contradiction qui conduit de plus en plus à une nature culturelle et politique, les technologies rendant tout possible. Je pense pour ma part, ce qui va l’emporter c’est le mouvement. Les technologies vont plutôt faciliter le mouvement. Je ne crois pas du tout à l’enfermement durable. parce que cet enfermement a un côté suicidaire. Dans mon livre, je donne comme exemple l’obésité qui est une manifestation du refus du nomadisme. Elle a un côté pathologique cette sédentarité quand on est scotché devant la télévision.

Domoclick : Est-ce que ce refus du nomadisme va banaliser le télétravail ?

Jacques Attali : Le télétravail augmente beaucoup dans l’économie mondiale. Au delà du télétravail, c’est une proportion assez considérable. Une très grande partie des métiers sont des métiers de manipulation qui n’exigent pas une présence physique, comme les call-center (centre d’appels) . On va avoir un télétravail mondial, ce que j’appelle les « immigrés virtuels », les gens qui font un travail pour un pays sans y vivre, avec tous les inconvénients des immigrés , si j’ose dire. Ils prennent le travail des français, ce n’est plus du télétravail puisqu’ils ne payent pas d’impôts, c’est du travail délocalisé qui à mon avis sera plus important sous forme de transfert à bas coût que du seul télétravail à domicile. Le télétravail à domicile ne règle pas le problème du coût, envoyer le télétravail au Maroc ou en Inde est beaucoup moins cher. Et reste une forme de délocalisation.

Domoclick : Selon vous, quelles sont les priorités pour que l’économie numérique soit une réponse rapide à la désindustrialisation ?

Jacques Attali : La priorité reste dans l’éducation, dans l’usage des nouvelles technologies. Je suis très frappé et si ça restait à refaire à long terme, mais le plan informatique des années 82/83 n’était pas l’échec qu’on a dit. Ce plan avait oublié quelque chose de très important, c’était la formation des maîtres et les maîtres ont mis l’ordinateur dans le placard qu’ils ont pris comme un rival. Mais les machines étaient d’excellentes machines, on aurait pu faire des choses formidables, on avait simplement oublié d’en faire des alliés. Aujourd’hui, le même problème se pose, ce que les Etats Unis sont en train de réussir très bien. C’est à dire de donner l’accès à haut-débit très facile aux universités, aux étudiants , de faire que les cours soient fait comme ça. Ce n’est pas seulement l’offre qui crée les conditions que ce soit nécessaire. Autrement dit, il faudrait qu’une partie de l’enseignement suppose l’informatique à l’université. Peu de professeurs exigent de leurs étudiants de faire des travaux sur internet. La formation professionnelle a beaucoup de moyens, c’est un outil considérable de développement des nouvelles technologies. Qui représente une formation sur place et n’exige pas d’aller à l’école. Je pense que ce qui permettra la constitution d’une véritable université virtuelle, c’est à mon avis la clé du développement de la France mais aussi du développement des nouvelles technologies.

Domoclick : Que vous inspire le retour à la hausse des valeurs internet sur les marchés financiers ?

Jacques Attali : J’ai toujours pensé et fait, depuis longtemps, la métaphore de la découverture du pétrole ou la conquête de nouveaux continents. Il se passe exactement ce qui s’est passé alors. On va chercher du pétrole pour la découverte du pétrole. Si on est déçu tout s’effondre mais on oublie un peu rapidement qu’il y a des gens qui trouvent du pétrole et qu’il y a donc du pétrole. L’internet est une formidable nouvelle ressource. Aujourd’hui la sélection est faite, dans les enchères, la vente par correspondance, dans différents secteurs l’internet est en train de transformer la vie de tout le monde, personne ne vit sans cela, un peu comme le téléphone qui a transformé la vie quotidienne pas seulement pour les gens qui travaillent dans les nouvelles technologies. Et par nature, les entreprises sont à la base de tout cela.
 
Site de Jacques Attali : www.attali.com

Interview de Volker Ziegler, Siemens

Siemens Mobile, le fabricant allemand, n°3 mondial avec 10% du marché derrière Nokia et Motorola, a en projet des mobiles à porter comme une montre. Mais c’est sur le terrain des usages et des services que s’est penché Domoclick en rencontrant Dr Volker Ziegler, président de Siemens Mobile Applications & Solutions, lors des Journées de l’IDATE (19-21/11/2003). Ce passionné des technologies ne quitte jamais son bureau qu’il sort … de sa poche (Le SL 55 !) entre deux interviews.

"Le téléphone mobile pourrait devenir la télécommande de la TV. Les 5 années à venir seront l’ère des services de données mobiles dont les revenus d’ici 2008 seront multipliés par huit" selon Volker Ziegler. Le mobile, terminal nomade par excellence, est en train de devenir le produit électronique de masse le plus populaire du monde. Alors qu’il aura fallu 50 ans pour atteindre près de 2 milliards de récepteurs TV, le mobile, en moins de 10 ans, a déjà conquis le milliard d’exemplaires. A tel point que les prévisions de Noël sont dépassés par une demande explosive dont SIEMENS a profité avec plus de 12 millions de mobiles ces 3 derniers mois (un record de +54% en année pleine contre + 23% pour Nokia). Selon Volker ZIEGLER que nous avons rencontré « Le téléphone mobile pourrait devenir la télécommande de la TV. Les 5 années à venir seront l’ère des services de données mobiles dont les revenus d’ici 2008 seront multipliés par huit » grâce notamment à l’émergence du GPRS puis de la 3G et des terminaux mobiles qui permettent d’ouvrir l’accès aux services de données mobiles pour le grand public et les entreprises : un marché de croissance.

Domoclick : De quelle façon Siemens Mobile, fabricant des technologies mobile, peut-il orienter les opérateurs de télécommunications et les nouveaux services de la téléphonie sans fil ?

Volker Ziegler : Il s’agit du défi de l’innovation. Pour nous, cela procède des savoir-faire de Siemens Mobile et également de ceux des opérateurs qui sont nos clients. Toute l’analyse doit vraiment partir des scénarios de l’usage, autant l’usage grand-public que professionnel. Ces scénarios ne sont pas directement liés à ceux des technologies mais si on fait des choix technologique intelligemment, on peut créer des projections plus efficaces sur les achats et sur les coûts associés à la maintenance. C’est pourquoi Siemens Mobile est bien positionné et profite de son expérience à travers 180 pays et donc auprès de 180 opérateurs de télécommunications. Par exemple, il y a 100 opérateurs de services de facturation et de paiement. Je crois qu’il faut combiner les compétences qui auparavant fonctionnaient séparément . Aujourd’hui c’est vraiment le moment de créer de la valeur ajoutée pour les consommateurs et les professionnels avec, par exemple, un service de géolocalisation où on combine GPS (Global Positioning System) et GPRS.

Domoclick : D’autres exemples en cours qui démontrent ces services à valeur ajoutée ?

Volker Ziegler : Oui, un exemple orienté consommateur, pouvoir combiner une information de présence, c’est à dire savoir que l’utilisateur est en ligne, et de la croiser avec une information de localisation pour la combiner avec l’application des messages. C’est un premier pas vers un scénario de la messagerie instantanée. Et, prochaine étape, très intéressante à découvrir, celle basé sur le « push to talk », la conversation instantanée multimédia. L’important c’est de faire fonctionner ces applications de façon simple . un grand défi technologique !

Domoclick : A quelle période vont-elles se généraliser ?

Volker Ziegler : Le futur c’est aujourd’hui , pour le marché Français également. Le potentiel futur, ce qui arrive c’est d’élargir la cohérence, la capacité d’offrir des sessions multiples ou de « rich voice ». Ca veut dire, pouvoir combiner la voix et toutes les applications de services comme l’image photo ou vidéo. De plus en plus d’applications de ce type vont émerger.

Domoclick : Les professionnels s’intéressent à la convergence fixe / mobile, créateur de valeur supplémentaire. Mais où en est-on sur la convergence des applications de téléphonie entre le mobile, l’automobile et la maison ?

Volker Ziegler : Ce qu’il faut savoir et qui reste le plus important est la création de l ‘OMA (Open Mobile Architecture). Un standard commun qui oriente tous les membres partenaires dont les grandes marques d’IBM, Nokia à Siemens sur les choix technologiques de l’industrie et vers une architecture ouverte, un environnement inter-opérable tout aussi important entre les opérateurs qu’entre les terminaux que Siemens fabrique.

Domoclick : La commande du chauffage chez soi à partir du mobile existe déjà, la vidéosurveillance sur le mobile multimédia arrive. Parmi les nouveaux services pourrait-on imaginer une application de télécommande de la TV interactive ?

Volker Ziegler : Du point de vue technologique c’est faisable. Du point de vue du modèle économique et de la gestion entre l’abonné et l’opérateur, qui va remplir tel ou tel service ? nous verrons selon les scénarios à venir. En tous cas, les caractéristiques de la téléphonie mobile sont telles qu’il y en a près de 500 millions vendues en 2003 dans le monde. Effectivement, la commande du chauffage sur le mobile existe déjà, pourquoi pas la commande de la télévision ?

Site de Siemens Mobile : http://www.my-siemens.com/

Interview du directeur marketing Europe d’Easy Plug

Depuis la fusion avec Legrand, dont Schneider a finalement récupéré plus de 98 % des actifs, Easyplug, société commune entre Thomson Multimédia et Schneider Electric vient de présenter ses produits de la technologie Courant Porteur.

Mme Elisabeth Conraux, directeur ventes et marketing Europe de la société Easy Plug, s’entretient ici sur la place nouvelle du courant porteur (CPL, Courants Porteurs de Ligne) face à la technologie radio en Europe, ses enjeux sur le métier d’ installateur et une nouvelle génération de clientèle.

Cette technologie connaît déjà le succès aux Etats Unis où Thomson multimedia commercialise trois produits phares dont Phone Jack qui transforme instantanément toute prise électrique en une prise de téléphone ( produit prévu en France pour le 1er semestre 2002). Ces applications communicantes utilisent désormais le réseau électrique pour diffuser dans toute la maison, la vidéo, l’Internet, la domotique et la TV Interactive. Interview exclusive.

Domoclick : Quelle place donnez-vous actuellement à la communication par courants porteurs en France et en Europe ?

Elizabeth Conraux : Tout d’abord, le courant porteur a une image relativement ancienne. Les applications étaient principalement domestiques comme la gestion du chauffage quand les installations ne pouvaient communiquer que peu d’informations, des bas débits ou des ordres du style marche/arrêt. Depuis 20 mois, il devient un outil intéressant au niveau de la communication et des hauts débits. En Europe, ça démarre lentement, le côté normatif n’est pas bien abordé et cela ne facilite pas forcément les choses. Aujourd’hui, les inter-technologies qui se positionnent offrent des solutions intéressantes. Beaucoup d’acteurs majeurs y réfléchissent. Cette technologie va de pair avec le développement de l’informatique, de la vidéo, du satellite et d’Internet… L’environnement est donc extrêmement favorable et en plein essor.

Domoclick : Quels marchés de l’habitat sont les plus concernés ?

Elizabeth Conraux : Sur le plan européen, les principaux marchés sont ceux de la rénovation, moins pour ceux du neuf. Cette technologie permet de répartir les moyens de communication partout dans la maison. On pourra faire ce que l’on désire alors qu’actuellement il y a toutes sortes de prises spécifiques : une prise pour la télévision, une prise pour le téléphone, la vidéo, Internet… Mais aujourd’hui, les habitudes des usagers changent. On s’aperçoit très rapidement que l’on a besoin d’utiliser ces points de connexions dans toute la maison. Les enfants réclament leur propre PC, les femmes travaillent plus et ont besoin qu’on leur facilite la vie.

Domoclick : Vous parlez d’une expérience vécue, de la place du PC au foyer ?

Elizabeth Conraux : Finalement les rôles respectifs de l’homme, de la femme et des enfants trouvent une nouvelle dimension grâce aux moyens de communications. Les enfants sont prescripteurs et très exigeants pour les jeux, l’ordinateur ou la télévision… Au niveau de la vie quotidienne, la gestion du confort est également un point clef. On affranchira les personnes de tout un tas de tâches répétitives et fastidieuses. Le fait de pouvoir le faire à distance, se connecter à un certain nombre de services à travers Internet sera un apport extrêmement intéressant. La répartition de l’information est la possibilité d’avoir des maisons communicantes. Mais l’essentiel est la simplicité, tout en apportant une réelle valeur aux gens dans la maison.

Domoclick : La valeur utilitaire ?

Elizabeth Conraux : Oui, si on applique ces valeurs autour de l’utilité quotidienne, du confort ou de la sécurité on touchera le grand public. Il faut donc apporter la simplicité et la stabilité d’utilisation de nos installations.

Domoclick : Selon vous à quelle période le marché va-t-il se populariser ?

Elizabeth Conraux : Pour le marché de la téléphonie et de l’informatique ce sera extrêmement rapide. Tous nos contacts nous indiquent que le marché est prêt. L’analyse du marché américain à travers le réseau Thomson nous démontre que les gens sont en attente de solutions qui leur permettraient, par exemple, de ne pas tirer des fils partout dans la maison. On est dans l’étape où Internet va devenir un élément clef de la vie des gens, ne serait-ce que pour envoyer des e-mails ou surfer. Or, les réseaux actuels qui ont été conçus il y a 20 ans ne sont pas prêt pour cela.

Domoclick : Cela concerne davantage le marché de la rénovation ?

Elizabeth Conraux : Oui, à partir du moment où il existe dans un bâtiment une infrastructure électrique disponible partout, il est évident qu’il est moins coûteux, plus convivial et plus esthétique d’utiliser ces infrastructures. Pour les installations traditionnelles, on est obligé de retirer des fils, ce qui impose l’intervention d’un installateur.

Domoclick : Fin avril, Kaufman&Broad a présenté ""Ma m@isonnet"" avec Cysco Systems et France Télécom. Les produits Easy Plug visent-ils ce marché ?

Elizabeth Conraux : On travaille beaucoup avec les fournisseurs d’infrastructures. C’est exactement le même marché. Il y a plusieurs manières de fournir ce moyen de communication. La première est de mettre à disposition ces produits de façon accessoire, à ce moment là les gens peuvent les acheter dans les réseaux type grandes surfaces spécialisées ou FNAC : ce sont les réseaux que l’on utilise à travers la marque Thomson qui sont des réseaux d’électronique grand public. Ceci permet à l’utilisateur de ne plus installer une nouvelle prise. La deuxième manière est d’aborder le marché de la rénovation. Là, il faut impliquer tous les acteurs de la filière les installateurs et les bureaux d’études, qui sont les prescripteurs. Il faut également leur proposer des produits d’infrastructures comme des prises par courant porteur qui vont permettre d’adapter l’installation de la maison.

Domoclick : La prise par courant porteur communicante, c’est peut être la traduction d’Easy Plug ?

Elizabeth Conraux : Oui, tout à fait ! La notion de point de connexion partout dans la maison est la clef. Sachant qu’un point de connexion est un appareil physique (un appareil électroménager, un PC…) ou d’autres technologies comme la radio ou autre… Il est important d’apporter dans la maison une infrastructure par un porteur communiquant pour apporter l’accessibilité, la souplesse d’utilisation et être capable de servir les besoins de chaque individu qui sont aujourd’hui de plus en plus matures.

Domoclick : Cela a un côté magique !

Elizabeth Conraux : C’est tout à fait ça, une bonne technologie est une technologie que l’on ne voit pas mais dont on perçoit que les avantages.

Domoclick : Vous avez l’expérience du marché américain. Quel est l’impact de ce développement aux USA ?

Elizabeth Conraux : Les produits que l’on commence à voir arriver en Europe peuvent déporter une prise téléphonique ailleurs dans la maison pour faire un accès Internet sur un modem 56K.

Domoclick : Cela correspond à votre produit : le ""MODEM JACK"", il portera le même nom en France et en Europe ?

Elizabeth Conraux : Sans doute, mais il y aura peut être une traduction pour chaque pays. En Angleterre, il s’appelle ainsi. Il y est déjà en vente et bientôt sur le marché espagnol sous la marque Domotica.

Domoclick : Et en France ?

Elizabeth Conraux : En France nous en sommes aux démarches liées à l’agrément. Un autre produit intéressant testé sur le réseau américain, est un produit permettant de constituer un réseau PC sans acheter de cartes réseaux ou de câbles. Il suffit de placer un adaptateur et un logiciel sur chaque PC. Après, on peut travailler de manière totalement transparente sur un autre PC connecté avec des niveaux de débit de l’ordre de 2 Mbits. Cela fonctionne comme un réseau PC sans avoir le problème de l’installation d’un réseau, ce qui n’est pas à la portée du premier venu. (NDLR : un réseau classique est connecté par des liaisons de 10 à 100 Mbits)

Domoclick : Vous parliez de fournisseur d’infrastructure, est-ce que cela en fait partie ?

Elizabeth Conraux : En terme de produits d’infrastructure, il y a le marché traditionnel de l’installation électrique. C’est un vecteur incontournable de la diffusion de nos produits avec l’expérience de Schneider. Il faut avoir une approche avec les bureaux d’études et leur montrer les avantages de cette technologie. Ensuite il faut présenter le produit aux installateurs et aux artisans, pour leur faire comprendre l’intérêt pour leurs clients. Mais également pour eux car ce sont des gammes de produits très intéressantes, à la fois sur le plan de l’image extrêmement innovante et sur le plan clientèle en terme de prestations. Ils auront un meilleur temps de réponse du fait de la facilité de mise en œuvre, les installateurs n’ayant pas besoin de tirer des câbles. Je pense que fondamentalement c’est une évolution très positive pour leur métier.

Domoclick : Auprès de toute cette filière, avez vous déjà entamé une communication, une formation ? Ce sera un choc culturel !

Elizabeth Conraux : Certainement, c’est beaucoup d’innovations d’un coup. En comparaison, lorsque les tableaux modulaires en kit sont apparus cela a complètement changé le métier des "" tabletiers "". Ces produits vont leur apporter une bonne image qui peut faire évoluer la profession. C’est à nous de leur montrer, de les convaincre que cette technologie va réellement apporter une innovation déterminante. Il y a une campagne de formation de prévue, certainement avec Schneider, et un certain nombre d’actions pour leur faire appréhender les possibilités de ces nouvelles technologies.

Domoclick : A quelle période ce sera mis en place ?

Elizabeth Conraux : Je ne peux pas encore vous répondre, c’est encore trop tôt. Mais les électriciens commencent petit à petit à monter en compétences en terme de débits. Nous allons les aider avec nos produits.

Domoclick : Revenons sur les applications de vos produits, quelle est celle, selon vous, qui aura le plus d’impact au niveau de la vie quotidienne ?

Elizabeth Conraux : L’application qui va réellement faire percer le courant porteur est sa capacité à distribuer partout dans la maison une infrastructure communicante, en particulier pour la VDI avec le haut débit. L’étape ultime est la diffusion du canal vidéo, de la télévision haute définition et du son. Fondamentalement, avant on avait une télévision, une ligne téléphone, un PC avec des câbles partout, maintenant on aura plusieurs télévisions, PC et surtout une grande flexibilité. On ne pourra pas s’affranchir d’une technologie de communication comme le courant porteur.

Domoclick : En ce qui concerne la télé-assistance aujourd’hui, existent des sociétés de services et des produits d’alerte. Où se positionnent vos produits ?

Elizabeth Conraux : Ce sont des produits qui fonctionnent avec la technologie radio. Nous apportons la connexion au téléphone ou un service relié à l’infrastructure électrique. Après, le débat est de savoir si le courant porteur est une meilleure technologie que la radio, à partir du moment où l’on véhicule aussi des informations dans la maison. Les deux technologies trouvent leur place. Chacune a des avantages et des inconvénients. La radio est une technologie mobile mais elle est susceptible de fonctionner plus ou moins bien suivant l’architecture du bâtiment. L’avantage du courant porteur est d’être une technologie d’infrastructure, elle est indépendante du type de bâtiment dans lequel on se trouve. Mais les deux technologies vont certainement cohabiter. On est persuadé que la technologie radio type Bluetooth va apporter la communication sur des faibles distances et sera relayée par le courant porteur. L’ensemble des acteurs dans la communication du bâtiment considère qu’il y a une place pour le courant porteur. La radio ne résoud pas tous les problèmes et c’est une technologie relativement jeune.

Source : http://www.easyplug.com

EXCLUSIF

En marge du Salon IFA à Berlin de l’éléctronique grand-public (29.08-3.09),M Joël de Rosnay, Président exécutif de BIOTICS International* et conseiller du Président de la Cité des Sciences et de l’Industrie (Paris 75019), expose sa vision des nouveaux standards communicants dans la maison, de la place du PC familial parmi les terminaux sans fil qu’il a annoncé dès les années 80 avec les « outils nomades ».

(1ére partie) « A savoir si la maison intelligente va être piloté par l’ordinateur ou le téléviseur, je crois à une conception multiusages des outils communicants chez soi » Aujourd’hui, l’auteur le L’Homme Symbiotique expose les tendances de l’ innovation en train de s’affirmer incontournables au moment où le contrôle d’accès par biométrie et les environnements intelligents sonnent à la porte. Domoclick: La télégestion de l’habitat devrait s’imposer progressivement, mais les industriels ont bien du mal à harmoniser les standards communicants dans la maison.

Lesquels voyez-vous se généraliser ? Do you WIFI , M de ROSNAY ? M Joël de ROSNAY: Dans l’habitat, les seuls standards qui seront applicables seront des standards ouverts. A mes yeux, la domotique a échoué jusqu’à présent du fait que ce qui était proposé était propriétaire.Chacun correspondait à des fonctions de contrôle à distance d’un certain nombre d’équipements ménagers ou permettant l’accès par téléphone portable à certains instruments domestiques. Aujourd’hui les choses sont en train de changer et vont changer encore plus dans les trois ans à venir par l’arrivée de trois standards ouverts : La WiFi la technologie sans fil, en second le Wimedia ** et le 3éme c’est l’UWB pour Ultra Wide Band.

Ces trois standards sont-ils destinés à cohabiter ? M Joël de ROSNAY : Ils sont tous les trois importants. D’abord la WiFi est une véritable révolution dans la communication, les Américains parlent de télécommunication virale, en ce sens qu’elle se développe d’une façon exponentielle dans le monde. Le spectre est gratuit parce qu’il n’est pas nécessaire d’acheter la bande passante comme on l’a fait pour l’UMTS avec la téléphonie G3 et à un coût de 165 Milliards d’Euros pour les téléopérateurs Européens !La bande 802.11b sur 2,4 Ghz est disponible parce que l’énergie de communication ne permet pas de communiquer à grande distance avec des émetteurs de 10 à 100 milliwatts. En revanche, avec des petites antennes de toit, on peut créer des hotspots qui permettent de communiquer de zone à zone, de région à région, un peu comme la technologie GSM avec des antennes.

D’autre part, l’équipement WiFi est très bon marché: il s’agit d’un émetteur et de carte PCMCIA de réception dans les ordinateurs qui totalisent environ 150 Euros pour l’émetteur et 100 Euros pour la carte de réception. Le 2éme standard, le Wimedia est une norme proposée par plusieurs grands constructeurs dont Sharp et Philips qui devrait sortir en septembre 2003, commercialisé sous forme de puces intégré à la plupart des appareils de l’électronique grand-public . scanners, appareils de photos numériques et de home-cinéma. Wimedia pourra s’intégrer dans des appareils domestiques, mais il est surtout destiné au multimédia, pour transférer de l’image et du son à haut-débit de 50 Mbits sur des distances de 10 à 20m. Enfin, l’UWB, pour Ultra Wide Band, va apporter une véritable révolution puisqu’il s’agit d’un débit de 50 à 100 Mbits/seconde (NDLR :contre à peine 1 Mbits aujourd’hui avec l’ADSL).

Lors du Salon 2003 de l’électronique grand-public de LAS-VEGAS et l’hiver dernier au CeBit d’Hanovre, les déclarations des fabricants tel que SONY , APPLE et MICROSOFT laissent penser qu’une confrontation entre le téléviseur et le PC va avoir lieu pour conquérir et piloter le cœur multimédia de la maison. Qu’en pensez-vous ? M Joël de ROSNAY : Je ne suis pas d’accord avec cette conception, nous allons vers une matrice multiusages de différents types d’outils dans la maison. Je pense que le PC va continuer d’avoir un rôle important, le PC multimédia, les téléphones portables, les Pocket PC ou les Palm-Pilots vont jouer aussi un rôle dans les familles puisqu’il y en aura plusieurs. Les consoles de jeux vidéo et les téléviseurs également car là aussi, il y en aura plusieurs : des petits, des plats, des numériques. Chaque type a sa place dans la maison et tous ces outils vont jouer un rôle dans le traitement des informations de la maison.

Ainsi, les gens pourront choisir de programmer, l’un ou l’autre, ce que j’appellerais le HomeServer. Ce « serveur-maison » contrôlera un certain nombre d’outils de loisirs ou d’appareils domestiques progressivement avec de moins en moins de fil, et à haut-débit compte-tenu des normes dont je viens de parler précédemment. Je crois à une logique du « et », pas du « ou ». Effectivement, Toshiba , Samsung ou Philips ont déjà présenté à la presse leur produit, dit HomeServer . M Joël de ROSNAY: La notion de HomeServer est une notion très importante, HP, SUN, IBM ont également des produits. Je les vois près de la chaudière, à la cave ou dans un local technique, ce sont des systèmes très utiles pour gérer quantités d’applications techniques, logistiques qui seront moins conviviales pour l’usager de base, mais répondront davantage aux besoins des copropriétés, des lotissements, avec les professionnels de la maintenance.

Exemples : Réduction du bruit, automatismes d’accès, chauffage/climatisation . BIOTICS, société de conseil sur les nouvelles technologies et l’entreprise. WIMEDIA : Un consortium autour de cette norme a été créé en septembre 2002 avec notamment SHARP, SONY, PHILIPS, INTEL et MOTOROLA. Fondé sur le standard 802.15.3 , Wimedia utilise la bande de 2,4 gigahertz, qui permet d’interconnecter les appareils sans fil chez soi : DVD, téléviseur, lecteur de musique MP3, console de jeux vidéo, caméra, appareil de photo numérique, chaîne stéréo, imprimante ou scanner. Le tout sur PC ou Mac. Principaux ouvrages : L’homme symbiotique, Les rendez-vous du futur (Fayard, 1991) Le cerveau planétaire (O.Orban 1986),

Le site de Joel de Rosnay : www.derosnay.com
Le Salon IFA à Berlin (en Allemand et en anglais):
http://www.ifa-berlin.de

LEA et la communication sur courant porteur en réseau local

LEA a été sélectionnée le 23.01 pour participer à l’événement ""Nouvelles Technologies et Entreprenariat au sein de l’Europe"" dans le cadre des ""Leaders de l’innovation"". Coup de projecteur sur cette manifestation et cette marque qui vise le marché des 800 millions de prises téléphoniques.

Cet événement, organisé par IE-Club, Euro-CASE, European IST Prize, la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris, s’est tenu à la CCIP devant une assemblée de plus de 300 personnes (acteurs de l’industrie, investisseurs, presse…) L’intervention d’Eric Berthaud, PDG, a porté en particulier sur « La communication sur courant porteur en réseau local ». En effet, LEA a conçu et construit des produits de communication sur courant porteur de troisième génération afin de fournir une distribution Internet haut débit sur un réseau local au sein de bureaux, d’écoles, d’hôtels, de centres commerciaux, de bâtiments commerciaux et publics et de centres multi-habitations. La gamme de solutions de communication sur courant porteur (passerelle ELEKTRA PLC et terminaux NETPLUG) fournit une connectivité avec le réseau électrique existant sans nécessiter l’ajout d’un nouveau câblage coûteux et sans perturber les services en place. Dans de nombreux cas, le kit de connectivité sur courant porteur LEA est plus rapide et moins coûteux à installer que d’ajouter un câblage spécifique ou d’installer un système sans fil. « Nous sommes fiers d’avoir été sélectionnés pour participer à cet événement et d’annoncer que LEA a réalisé un chiffre d’affaires 2002 de plus de 13 millions € et représente désormais 31% du marché européen de l’ADSL sur le segment filtres, le segment courant porteur, technologie alternative au Wi Fi, est également très prometteur, des annonces seront faites prochainement à ce sujet », ajoute Eric Berthaud, PDG de LEA. Cet événement s’est conclu par : le keynote de Joël de Rosnay « Regards vers le futur : les nouvelles vagues d’innovation et d’investissements technologiques », l’allocution de M. Michel Franck, Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris, et enfin l’allocution de Mme Claudie Haigneré, Ministre déléguée à la recherche et aux nouvelles technologies. Le marché du xDSL : Un potentiel de 800 millions de ligne téléphoniques

LEA S.A se positionne sur le segment de marché qui concerne les 800 millions de lignes installées dans le monde et ambitionne de devenir un acteur majeur de la boucle locale cuivre. En 1999, le nombre d’abonnés ADSL dans le monde n’atteignait pas le million. Quatre millions de lignes ont été mises à niveau en 2000 et on s’attend à 8 millions de nouveaux abonnés fin 2001. Jusqu’à présent, le marché principal de l’ADSL était basé aux USA. Néanmoins, l’Europe est actuellement le marché qui se développe le plus rapidement. Selon le cabinet Téléchoice, dans le cadre d’une étude réalisée pour le DSL Forum, on compte plus de 7 millions d’abonnés DSL à fin mars 2001, soit une augmentation de près de 34% par rapport à l’année 2000. Même si le marché américain reste dominé par le câble 40% contre 25% pour l’ADSL, la situation évolue. Une étude réalisée par Harris Interactive en mars 2001 montre que le nombre de foyers équipés de connections haut débit a augmenté de 41% entre avril 2000 et janvier 2001 pour atteindre plus de 5 millions de foyers. Les connexions DSL ont plus que doublé durant cette période et représentent les trois quarts de la croissance des abonnés à l’accès haut débit, tandis que les abonnés au câble n’ont augmenté que de 10%. La part des abonnés DSL approche désormais celle des abonnés au câble avec respectivement 39% contre 51%. Enfin, L’ADSL ne fait que progresser même en milieu professionnel. La gestion des flux Internet est au centre de toutes les stratégies d’entreprises pour optimiser leurs activités e-business. Selon IDC, la France comptait 71 000 abonnés fin 2000, un chiffre qui devrait atteindre les 379 000 abonnés fin 2001. Un seul constat : tous les résultats convergent dans le même sens et confirment le très fort potentiel du marché xDSL et confère légitimité au business model de LEA S.A. Sources : DSL Forum, IDC, Harris Interactive, Téléchoice.

LEA S.A., créée en 1999, est une société certifiée ISO9001 spécialisée dans la conception et la fourniture de filtres ADSL/VDSL et de solutions pour les communications sur courant porteur pour le marché des haut débits. LEA S.A., dont le siège est basé à Cesson Sévigné en France où sont également situés les principaux acteurs de l’industrie française des Télécommunications, participe activement à la standardisation des technologies xDSL – au sein des organismes de standards globaux de Télécommunications – et notamment au sein du DSL Forum, du comité ETSI TM6/ATAC ainsi que de l’organisation US6ANSI T1E1. De plus, LEA offre actuellement des tests d’interopérabilité xDSL grâce à son laboratoire d’interopérabilité qualifié par le DSL Forum. LEA S.A. est présente sur le plan mondial grâce à deux centres de conception basés en France (l’un à Cesson Sévigné – Technologies xDSL, l’autre à Paris/Courbevoie – Technologies de communication sur courant porteur) et à trois bureaux de vente situés en GB, aux USA et en Chine. La société sous-traite l’ensemble de sa fabrication en Asie et en Europe. LEA compte plus de 37 personnes dont 20 ingénieurs spécialisés dans la conception de circuits VLSI, les tests xDSL, le traitement du signal analogique et digital et la conception de systèmes de Télécommunication large bande. LEA possède d’importants brevets en matière de conception de filtres xDSL (à la fois actif et passif) et de communication sur courant porteur (OFDM et technologies relatives). LEA S.A. est une société privée qui compte des investisseurs financiers comme Innovacom (France), Vertex Technologies (Singapour) et Newbury Ventures (USA). Eric Berthaud, fondateur de la société, en est le P-DG, le Directeur Général est le Dr Dominique Garreau, fondateur de Kurtosis Ingénierie S.A. (achetée par LEA en janvier 2001) et Thierry Fernandez, X-telecom Paris, le Directeur du Développement. Concernant l’accès ADSL, LEA a conçu et réalisé un produit de seconde génération appelé ACTIVEWIRE, qui remplace la technologie du filtre passif existante et améliore fortement la rentabilité et la densité par port ADSL. La société envisage de convaincre les principaux fabricants DSLAM à migrer leur fonction filtre purement passif en fonction filtre actif afin d’augmenter le nombre de composants sur les racks. LEA S.A. fournit en ce moment ses produits aux principaux équipementiers Télécoms spécialisés dans le haut débit sur réseau filaire existant et dans le marché du PC Multimédia. Les clients actuels de LEA sont les fabricants de DSLAM, les vendeurs de modems CPE ADSL, les opérateurs en Télécommunications, les fournisseurs de service Internet, les fabricants de PC, les constructeurs de boîtiers set-top et les vendeurs de systèmes de sécurité. A ce jour, LEA a livré plus de 2 millions de filtres ADSL à travers le monde (soit plus de 14 pays) et continue à conquérir le marché mondial grâce à des partenariats stratégiques tant au niveau commercial que technologique.

Site de LEA S.A: http://www.leacom.fr/index.php
Site du Consortium DSL:
http://www.dslforum.org/  

L’ADSL, via le réseau électrique, montre LÉA du doigt.

Après avoir présenté sa technologie pour la première fois au CeBIT 2002, LEA passe à la phase de commercialisation au moment où la société bretonne Installée à Cesson-Sévigné (35) vient de recevoir le Prix Européen IST 2004. Exposant au Salon DOMOPOLIS (1er Salon régional de la domotique en Midi-Pyrénées) LEA présente sa passerelle ELEKTRA PLC avec les terminaux NETPLUG.

Interview de Pierre COLLET, ingénieur développement des produits LÉA.

Exclusivité Domoclick (1ére partie)L’avantage indéniable de la technologie d’accès haut-débit via le réseau électrique, appelé CPL (Courant Porteurs de Ligne, en anglais PLC) est d’exploiter le réseau existant des prises dans chaque pièce d’un bâtiment pour installer un réseau de PC/Mac. Annoncée depuis 2000, retenue de plus en plus par les Collectivités, écoles et mairies pour sa simplicité de mise en place, l’accès haut-débit ADSL par CPL s’annonce également prometteur pour le marché grand-public. D’autant que des offres de produits packagés « Courants-Porteurs » par plusieurs fabricants français, répondent déjà aux critiques sécuritaires du WI-FI.

Domoclick : Merci de nous présenter la passerelle ELEKTRA PLC dans ses grandes lignes et de préciser la fonction exacte d’une passerrelle ?
Pierre COLLET : ELEKTRA est une passerelle sécurisée permettant de transférer des données haut débit à travers le réseau électrique de votre maison ou bâtiment vers vos équipements informatiques, vidéo, audio. Le réseau électrique étant le réseau le mieux distribué dans un bâtiment ou une maison, chaque prise électrique devient un point d’accès potentiel pour les applications que vous souhaitez utiliser. Intégrant un modem ADSL et des fonctions de routage, la passerelle ELEKTRA permet de partager un accès Internet avec des services dédiés entre les différents équipements (jusqu’à 15 simultanément, partageant dynamiquement jusqu’à 14Mbits de débit théorique) connectés sur le réseau électrique au moyen d’un module de terminaison NETPLUG (interface Ethernet ou USB / courants porteurs) et ceci, en toute sécurité grâce au chiffrement qui est réalisé sur les données. Une mise en œuvre simple et rapide (« PLUG & PLAY ») permet à chaque utilisateur de créer son propre réseau local sans réaliser de nouveau câblage (ou extension de câblage). ELEKTRA offre aussi la possibilité de mettre en partage sécurisé grâce à son Firewall des serveurs locaux hébergés par des ordinateurs connectés sur ce réseau local. ELEKTRA permet également de se connecter à un réseau local Ethernet câblé existant et de pouvoir étendre ce réseau avec de nouveaux équipements raccordés sur le réseau électrique.

Le Courant Porteur de Ligne (CPL) représente-t-il vraiment une alternative au WIFI pour mettre sa maison ou des bâtiments en réseau local haut-débit ?
P.C : Complètement ! Les solutions CPL de LEA utilisent le réseau électrique, c’est à dire un réseau existant, déjà déployé dans toute maison ou bâtiment et sans les limitations dues aux infrastructures (comme la traversée de certains murs par exemple). L’aspect sécurité est également un facteur primordial. Le CPL apporte une sécurité sur l’ensemble des données transitant sur le réseau électrique grâce à l’encryption qui est réalisé par défaut dans ELEKTRA. LE WiFi lui nécessite un complément d’installation pour sécuriser les données. Enfin, les produits ELEKTRA et NETPLUG sont « plug&play » (pas besoin de CD-ROM d’installation par exemple) et offrent un ensemble de fonctionnalités à travers le logiciel embarqué (contrôle des accès utilisateurs, contrôle parental, personnalisation de son réseau). C’est donc une solution beaucoup plus polyvalente que le WIFI et plus facile à déployer. On peut cependant imaginer l’adoption du Courant Porteur à déployer à travers l’infrastructure d’un bâtiment et réserver , en 2éme niveau, le WIFI comme solution finale pour diffuser dans une salle de réunion par exemple.

Cette facilité n’est-elle pas annulée par un paramétrage souvent complexe dès la mise en place ?
P.C : Non, nous avons évoqué précédemment le côté « plug & play » des produits ELEKTRA et NETPLUG. Cela a été vérifié à différentes phases de tests sur le terrain à travers des partenaires et futurs clients : une quarantaine de sites ont été essayés et nos produits ont été déployés en 15 à 20mn par des personnes qui ne connaissaient pas les produits auparavant. L’installation se fait en 3 temps : 1- raccordement d’ELEKTRA et des équipements à mettre en réseau avec une NETPLUG 2- configuration des équipements en mode DHCP 3- configuration d’ELEKTRA à travers son interface logicielle accessible à travers un navigateur Web classique (login, mot de passe de connexion ADSL) Vous êtes ainsi connecté sur le haut-débit ADSL !

Quels sont vos revendeurs ? par quel canal de distribution et de prescription comptez-vous aborder la marché français, pour quelle cible professionnelle ?
P.C: Dans un premier temps, LÉA réserve son offre au marché professionnel : bureaux, administrations, écoles, monuments historiques, hôtels, entreprises du monde de l’audiovisuel et de l’accès du haut débit. Nous visons également les entreprises qui ont un réseaux d’agences et qui souhaitent réaliser une extension de réseau sans faire de nouveaux cablâges, ce qui est possible avec le port Ethernet du produit. Dans un 2éme temps, le lancement grand-public est prévu d’ici 12 à 18 mois. LEA souhaite commercialiser ses produits à travers des partenaires regroupant des pôles de compétences aussi bien dans les domaines des télécoms / informatique des réseaux que de l’électricité. En effet, les produits CPL sont concernés par ces 2 grands domaines d’activités. Par la suite, lors de notre arrivée dans le domaine grand public, des grands noms de la distribution d’équipements informatique et/ou électrique seront sans doute considérés.

Site de LÉA S.A : www.leacom.fr
Salon DOMOPOLIS 2003 (19-21 Septembre): Responsable communication: Mme Nathalie Pimouguet . Tél : 05.61.57.34.67 ou le : 06.86.79.85.69 Courriel : domopolis@cyberlycee.net

SIRCOM

En marge du Salon IFA à Berlin de l’électronique grand-public, Joël de Rosnay, Président exécutif de Biotics International et conseiller du Président de la Cité des Sciences et de l’Industrie (Paris 75019), expose sa vision des nouveaux standards communicants dans la maison, de la place du PC familial parmi les terminaux sans fil qu’il a annoncé dès les années 80 avec les « outils nomades ».

 

Là où la logique de convergence contenus/contenants a été fatale à JM.Messier sera-t-elle plus vite au rendez-vous de la convergence des réseaux de contrôle-commande du bâtiment (domotique), des réseaux locaux (VDI) avec ou sans fil et du multimédia (télévision, loisirs, etc.) ? Les 300 exposants et 600 congressistes vont en débattre, d’autant que ce marché de milliards d’Euros concerne la sphère de la micro-informatique et des produits électrodomestique grand-public.

Toutes les briques se mettent en place pour un décollage de la maison communicante et des réseaux domestiques. Ce marché émergent, qui se situe à la convergence des réseaux de contrôle-commande du bâtiment (domotique), des réseaux locaux (VDI) et du multimédia (télévision, loisirs, etc.), est induit par les autres équipements de la sphère de la micro-informatique et des produits grand public. La progression constante du taux de pénétration de produits et services tels que PC domestiques, Internet, télévision par câble ou satellites, ADSL, solutions de partage de ressources, interfaces résidentielles, téléachat, Home Theater, automatismes de confort, etc., est le présage d’un développement inéluctable. Les phénomènes de nomadisme et de mobilité et la tendance forte au développement d’approches services (mode ASP) sont autant de facteurs favorables. La multiplication même des acteurs issus d’horizons multiples (avec une prédominance des secteurs informatique et télécoms) et des nouveaux venus témoigne de la dynamique actuelle. Parmi les éléments clé de la structuration en cours, il ne faut pas négliger les travaux de normalisation et de standardisation, gages d’une indispensable interopérabilité des systèmes. Tandis qu’au sein de l’ISO/CEI un groupe de travail SOHO vient d’élaborer un projet de norme international qui propose un câblage regroupant toutes les applications domestiques, plusieurs forums industriels et alliances rivalisent de dynamisme pour élaborer des spécifications communes. Au niveau de l’offre, ce sont les solutions immédiatement opérationnelles et ne nécessitant pas de travaux d’installation qui ont le vent en poupe compte tenu du parc immobilier existant. D’où l’intérêt actuel pour les technologies radiofréquences (Bluetooth, etc.) et les courants porteurs (CPL). Dans l’habitat neuf, la prédisposition du bâti (précâbalge, etc.) devient une préoccupation. La maison communicante est en train de passer d’une logique technologique à une logique de marché. Ce marché n’est pas monolithique et doit nécessairement prendre en compte la diversité des profils des utilisateurs et clients potentiels. Le développement des services est l’autre vecteur incontournable.

La Semaine des Télécoms et des Réseaux à la Porte de Versailles du 17 au 19 Septembre 2002 : http://www.sircom.com/index.html

Interview de Marcel Boiteux, Président d’honneur d’EDF

Au delà du débat actuel sur la privatisation du N°1 mondial de l’électricité , Monsieur Marcel Boiteux, Président d’honneur d’EDF, et qui a été président de l’Institut des Hautes Etudes Scientifiques , expose pour Domoclick sa vision des énergies renouvelables face à une consommation d’énergie en hausse et à la dépendance du pétrole. Pour l’auteur de « L’homme et sa planète », l’éolien n’a pas un grand avenir mais l’urgence est dans la mobilisation pour la R&D contre l’effet de serre.

Domoclick : Durant la conférence mondiale sur les énergies renouvelables à Bonn (1er-4 juin), l’Europe a montré ses divisions. Quelle place , selon vous, faut-il donner aux Energies propres ? Alternative ou complément ?

Marcel Boiteux : La question est bien de savoir si les énergies renouvelables vont remplacer toutes les autres ou n’avoir qu’un rôle complémentaire. Réponse : cela dépend de l’échéance. Si l’on songe à une échéance très lointaine, il est clair que l’humanité ne pourra indéfiniment puiser dans ce capital de la Terre que sont les stocks de charbon et de pétrole. Il lui faudra parvenir un jour à se contenter des revenus de la Terre que sont les énergies solaire ou éolienne, et la biomasse (NDLR : énergie produite à partir des déchets organiques) . à quoi on peut ajouter l’exploitation de ce qui subsiste encore de l’énorme radioactivité de la boule de gaz dont est née la planète.
Mais, à court terme, le soleil et le vent restent encore des énergies très coûteuses et capricieuses. Elles ne sont pas sorties du stade de la recherche-développement, et les réalisations ne devraient avoir d’autre but que de progresser pas à pas vers la rentabilité, sans duplications inutilement coûteuses. En tout cas, si l’on veut multiplier les réalisations, mieux vaudrait le faire dans la savane africaine, par exemple, où l’approvisionnement en pétrole coûterait encore plus cher.

Domoclick : Les parcs éolien s’étendent du Danemark à l’Allemagne jusqu’en Espagne en passant par le Languedoc-Roussillon. Que pensez-vous de cette expansion qui a mis du temps à se faire ?

Marcel Boiteux : Je ne crois pas que l’éolien ait un très grand avenir parce que, relativement à l’énergie produite, il est beaucoup trop encombrant, sur terre comme sur mer (et trop inesthétique sur nos côtes !). Le solaire est moins en vogue aujourd’hui parce qu’il est encore plus cher. Et il est aussi encombrant, mais on peut imaginer qu’un jour tous les toits de Paris orientés vers le Sud soient couverts de panneaux solaires. Quand ils seront assez nombreux, le nettoyage périodique des panneaux – qui est un vrai problème – pourra être assuré par des entreprises spécialisées …
Il n’y a aucune perspective comparable pour l’éolien.

Domoclick : Les énergies renouvelables ce n’est pourtant pas nouveau ?

Marcel Boiteux : Jusqu’en 1970, le grand spécialiste de l’éolien et du solaire c’était EDF. Parce que nous cherchions désespérément le moyen d’alimenter les zones quasi-désertiques comme le plateau des Causses sans avoir à installer des centaines de km de lignes pour équiper seulement quelques fermes. Et puis, en 1972 je crois, EDF a décidé d’arrêter les frais. On avait trop cassé d’éoliennes sans jamais arriver à un prix de revient tant soit peu prometteur. Il fallait donc attendre que le progrès des matériaux, pour les structures, et de l’électronique, pour la régulation, ouvre des perspectives plus encourageantes. Rendez-vous dans trente ans avions-nous conclu – ce qui n’était pas si mal vu ! Mais, aujourd’hui encore, l’éolien est très coûteux et, s’il apparaît rentable aux constructeurs-promoteurs de cette sympathique énergie, c’est parce qu’elle bénéficie de subventions considérables à l’achat. Quand on dit, quand on écrit même, que telle batterie d’éoliennes pourrait couvrir la consommation d’une ville comme Bordeaux, on oublie de préciser que les bordelais devraient alors se priver totalement de courant quand il n’y a pas assez ou trop de vent, quitte à se rattraper aux heures bénies où les éoliennes tournent. Mais s’éclairer deux fois plus quand il y a du vent ne compense pas les heures où il faut vivre dans le noir ! Remettons les pieds sur terre : avec ou sans éoliennes, il faut construire autant de centrales classiques ou nucléaires. Les éoliennes permettent seulement, quand il y a du vent, d’arrêter des centrales, et donc d’économiser du fuel ou de l’uranium. Le problème serait tout différent si l’on savait stocker économiquement l’électricité. Mais si l’on voulait coupler chaque éolienne avec les énormes batteries d’accumulateurs qui seraient nécessaires pour régulariser la production, la rentabilité serait repoussée encore plus loin dans le temps.

Domoclick : Pourtant, avec un gros effort financier, ne pourrait-on friser la rentabilité dans un avenir à moyen terme ?

Marcel Boiteux : Quand la science fait une percée fondamentale, comme ce fut le cas pour le nucléaire il y a cinquante ans, il vaut la peine de dépenser beaucoup d’argent pour exploiter le nouveau territoire ouvert aux ingénieurs. Rien de tel dans le solaire depuis la découverte de la cellule photoélectrique il y a plus de cent ans, rien de tel non plus pour l’éolien. Il faut alors avancer pas à pas au rythme général du progrès technique, et il ne sert à rien de dépenser beaucoup d’argent sous prétexte de profiter ainsi d’un effet de série : on n’engendre que des séries de déficits, ou de subventions, tant que la rentabilité n’est pas atteinte.

Domoclick : Après avoir longtemps favorisé le chauffage électrique auprès des maîtres d’œuvre, notamment avec la marque Vivrélec, EDF commence à changer son discours. Comment justifier ce chauffage gourmand en énergie ?

Marcel Boiteux : Le chauffage électrique ne se défend qu’avec une parfaite isolation thermique des bâtiments, résidentiels ou tertiaires. Sinon c’est du gaspillage. Ce gaspillage est parfois inévitable dans des locaux où il n’y a vraiment pas d’autres sources d’énergie possibles que la prise électrique, là où les besoins de chauffage sont trop rares pour justifier l’installation de chauffages classiques. Mais, hors ces cas particuliers, pas de chauffage électrique sans isolation sérieuse. Cela dit, dans un pays où la quasi totalité de l’électricité est produite dans des centrales nucléaires ou hydrauliques, le chauffage électrique ne contribue à l’effet de serre qu’aux heures de pointe, à la différence des solutions à base de combustibles. De plus, ces combustibles – charbon ou pétrole –, il a fallu des millions d’années pour qu’ils se forment dans les profondeurs de la Terre. Est-il bien raisonnable d’en faire seulement du feu alors que les chimistes ont un besoin majeur de leurs précieuses molécules ? D’un point de vue écologique, c’est aussi absurde que de casser son mobilier Louis XV en petits morceaux quand on a froid, pour alimenter la cheminée du salon.

Domoclick : Qu’est ce qui vous paraît le bon mode d’emploi à l’attention des entreprises soucieuses de pratiquer le développement durable ?

Marcel Boiteux : Le monde se noie aujourd’hui dans ses déchets, solides, liquides ou gazeux. Ces déchets, il faut dorénavant les traiter, ou, mieux encore, les éviter dans la mesure du possible. Une bonne incitation à cela, c’est de taxer les déchets émis. Mais il ne faut pas non plus négliger la pression de l’opinion publique. Pour gagner durablement de l’argent – ce qui est son métier – l’entreprise doit tenir compte des réactions de sa clientèle, de plus en plus sensibilisée aux problèmes d’environnement. Le bon patron doit même anticiper sur les réactions de l’opinion publique, ce dont ses actionnaires le remercieront le moment venu.

Domoclick : Dans votre conférence Présidentielle à l’Académie des Sciences Morales et Politiques en 2002 , sur le thème du développement durable vous aviez évoqué les gaspillages domestiques de l’eau et de l’énergie. Croyez-vous qu’on puisse changer la situation en agissant sur nos modes de vie : Les gestes citoyens ne sont-ils pas limités face aux comportements des industriels ?

Marcel Boiteux : Il est si facile d’avoir de l’eau en ouvrant un robinet qu’on ne songe même pas qu’il puisse s’agir d’une ressource rare. Dores et déjà, dans la facture du Service des eaux, l’eau elle-même ne représente guère plus de la moitié du prix affiché, le reste étant affecté au traitement des eaux usées. Mais, d’une façon générale, il faut faire en sorte que, partout, le coût pour l’usager représente le coût réel pour la collectivité. C’est la raison d’être des écotaxes, dont le rôle est de majorer les prix pour inciter le producteur à réduire ses nuisances, et inciter l’usager à réduire sa consommation.

Domoclick : Cette éco-taxe devrait être généralisé à l’échelon Européen ?

Marcel Boiteux : Si l’on ne veut pas fausser la concurrence dans les secteurs où celle-ci s’exerce à travers les frontières, il faut effectivement que le système d’écotaxes soit à peu près le même sur l’ensemble du marché..

Domoclick : Face à la baisse des ressources du pétrole, qu’est ce qui répond le mieux à l’autonomie énergétique ? Par exemple, que dites-vous des possibilités de la pile à combustible ?

Marcel Boiteux : La pile à combustible fonctionnant à l’hydrogène, il faut au préalable en produire à partir de l’électrolyse de l’eau, ce qui nécessite de l’électricité. Si l’on trouve un moyen économique de stocker l’hydrogène, cette électricité pourra alors provenir d’énergie solaire ou éolienne : on mettra de l’hydrogène en stock quand il y a du vent, et on vivra sur les stocks quand il n’y en aura plus. Le déchet de la pile à combustible, c’est l’eau. Là est son mérite. Reste à parvenir à un système compétitif.

Domoclick : Dans ce nouveau contexte environnemental, quelle place garde le tout-nucléaire que vous avez développé à la direction d’EDF dans les années 70-80 ?

Marcel Boiteux : Parler tout-nucléaire, c’est un mauvais jeux de mots. Quand on a dû quitter le tout-charbon, puis le tout-pétrole, il a fallu pendant un certain temps ne construire que des centrales nucléaires – d’où des programmes « tout-nucléaire ». Mais EDF n’a jamais pensé que, dorénavant, toute l’électricité ne proviendrait que du nucléaire. On constate aujourd’hui dans le monde un certain retour vers l’énergie nucléaire à cause de l’effet de serre : le nucléaire a l’énorme avantage de ne pas émettre de gaz carbonique, contrairement au pétrole ou au charbon. C’est pourquoi certains écologistes autrefois opposés au nucléaire reconnaissent aujourd’hui qu’il s’agit d’une option qu’on ne peut négliger.

Monsieur Marcel BOITEUX est l’auteur de L’ Hommes et sa planète (Juin 2003)
Le site EDF Entreprises :
http://www.edf-entreprises.com