EDF à la conquête des investisseurs fera bientôt son entrée au CAC 40
C’est à la fois la très forte demande mondiale d’énergie et la hausse des couts du pétrole (et du gaz en France) qui accompagnent l’entrée du N°1 de l’électricité, EDF, à la cotation de la Bourse de Paris, prévue le 21 novembre. Pour l’heure, le ministère des finances a annoncé, vendredi 28 octobre dans un communiqué, le lancement officiel de l’ouverture du capital d’EDF, à la suite de l’obtention du visa de l’Autorité des marchés financiers (AMF) sur les modalités de cette opération.
L’augmentation de capital, qui portera sur ""un montant maximum de 7 milliards d’euros"" , donnera lieu à la création de 206 millions d’actions nouvelles. En cas de forte demande des investisseurs, près de 31 millions d’actions supplémentaires pourront être mises sur le marché. Les Français peuvent acheter depuis vendredi des actions EDF, avant la première cotation en Bourse le 21 novembre de cette entreprise emblématique qui compte sur sa position de leader européen de l’électricité pour séduire les investisseurs. Dans le cadre de la mise sur le marché de 15% de son capital, le groupe va bénéficier d’une augmentation de capital de 7 milliards d’euros, soit le plus gros montant levé dans l’histoire du CAC 40 pour une entrée en Bourse. Particuliers, salariés et anciens salariés, investisseurs institutionnels français ou étrangers: le PDG d’EDF Pierre Gadonneix a cherché vendredi à attirer l’actionnariat ""le plus diversifié possible"" pouvant entrer dans son capital, lors d’une conférence de presse.
""J’espère que plus de la moitié des salariés deviendront actionnaires d’EDF"", a lancé M. Gadonneix, alors que les syndicats ont rappelé cette semaine leur opposition à cette opération. Le groupe employait 161.310 salariés dans le monde entier en 2004 à travers 75 filiales et participations. Seuls les salariés des filiales dans lesquelles EDF est majoritaire pourront devenir actionnaires. L’objectif est que 35% de l’offre soit réservée au grand public et 15% aux salariés, les 50% restant devant s’adresser aux investisseurs français ou étrangers, notamment américains. Après des mois d’incertitudes sur la date et les modalités, l’Etat avait donné lundi son feu vert à cette privatisation partielle. Moins d’une semaine plus tard, le ministère de l’Economie a fixé dans la nuit de jeudi à vendredi la fourchette du prix de l’action EDF pour les particuliers entre 28,50 euros et 33,10 euros. Ils bénéficient comme à l’habitude pour ce genre d’opération d’une décote d’un euro. La fourchette de prix indicative pour les actions cédées aux investisseurs institutionnels est en effet comprise entre 29,50 euros et 34,10 euros. Cette fourchette est plus élevée que pour les actions de Gaz de France, mis en Bourse cet été. La fourchette du prix de l’action pour les institutionnels s’établissait entre 20,70 euros et 24 euros.
Une vaste campagne de publicité dans les médias, dont EDF n’a pas donné le coût, a été lancée auprès du grand public. Parallèlement, Pierre Gadonneix va entamer une tournée en France et à l’étranger – ""roadshow"" dans le jargon financier – pour séduire les investisseurs institutionnels, tels que banques et assureurs. Il a plusieurs arguments en poche. EDF a un potentiel de développement ""extraordinaire"", grâce à ses positions dominantes sur quatre marchés phare en Europe: France, Allemagne, Royaume-Uni et Italie où l’offre publique d’achat sur le numéro deux italien de l’électricité Edison vient de s’achever. Le programme d’investissement auquel le groupe s’est engagé, à savoir 40 milliards d’euros sur cinq ans, vise à conforter la compétitivité et la puissance du parc de production, le premier en Europe. Le groupe fait aussi valoir des objectifs de rentabilité solides. Il table sur un taux de distribution de dividendes de 50% du résultat net, applicable dès 2006. Il mise sur un bénéfice 2005 de l’ordre de 2,6 milliards d’euros, contre 1,34 milliard un an plus tôt. Quant aux tarifs, ils sont ""stabilisés"", a dit Pierre Gadonneix, alors que les prix de l’énergie sont élevés. Le contrat de service public signé avec l’Etat stipule qu’ils n’augmenteront pas plus vite que l’inflation au cours des cinq prochaines années. EDF produit près d’un quart de l’électricité en Europe et alimente en énergie et services 42,1 millions de clients dans le monde. La grande majorité sont en Europe – 36,2 millions – dont 27,6 millions en France. Dans le cadre de cette cotation et de son entrée dans le CAC 40 , EDF pourrait remplacer TF1 , Thales ou Cap Gemini parmi les valeurs du CAC 40 selon Ixis securities
