EMPLOIS: Patrick LIEBUS (Capeb) met en garde François Hollande sur la situation critique de l’artisanat du bâtiment.

Alors que l’immobilier ancien démarre l’année en nette hausse de transactions (+16% en 2015), Patrick Liébus est sur tous les fronts,le président de la Capeb (350 800 entreprises, 685000 salariés et 63000 apprentis) , après avoir proposé un plan national d’adaptation des logements au vieillissement plus « ambitieux » avec la secrétaire d’Etat, Laurence Rossignol, il a alerté François Hollande sur la situation extrêmement dégradée de l’artisanat du bâtiment lors d’un entretien vendredi 29 janvier.

A cette occasion, il lui a fait part de ses 7 préconisations pour que 2016 soit enfin l’année de la reprise. « A l’issue de mon entretien, je veux croire le président de la République lorsqu’il nous dit avoir entendu nos revendications et nous espérons vivement les retrouver dans les politiques que son Gouvernement va conduire dans les mois qui viennent.» Compte-rendu publié par la CAPEB qui prépare au Printemps son grand show annuel** , le 70ème Journées de la Construction !

Patrick Liébus, président de la Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment (CAPEB), a rencontré hier soir, avec le président de l’Union professionnelle Artisanale (UPA) Jean-Pierre Crouzet, le président de la République, François Hollande pour s’entretenir avec lui au sujet des différents sujets prioritaires en lien avec la relance de l’activité de l’artisanat du bâtiment. Ils ont notamment évoqué : le projet de loi Noé, la lutte contre toutes les formes de concurrence déloyale, le plan d’urgence pour l’emploi, le compte pénibilité, la baisse des charges…Plus précisément Patrick Liébus a présenté au président de la République un cahier de doléance en sept points, largement partagé par l’UPA :

1 – Maintenir l’exigence de qualifications professionnelles
qui n’est en rien un frein à la création d’entreprises, comme en attestent les 350 000 entreprises artisanales du bâtiment et les 96 000 autoentrepreneurs créés depuis 2008 dans une période de crise.

2 – Maintenir le stage de préparation à l’installation (SPI)
et l’adapter aux métiers de l’artisanat en le personnalisant par rapport au public concerné (parcours modulaires, etc.).
3 – Ne pas modifier une nouvelle fois le régime de la microentreprise,
à défaut de supprimer le régime de l’autoentrepreneur dans le bâtiment.

4 – Remettre l’activité au cœur du plan d’urgence pour l’emploi,
et pour cela :
– enclencher des mesures qui s’inscrivent dans la durée pour une baisse pérenne du coût du travail, encore trop élevé. Ce n’est pas grâce au versement d’une prime limitée dans le temps que nos entreprises seront réellement en mesure d’embaucher ;
– réformer le service public de l’orientation afin qu’il prépare mieux les jeunes à l’entrée dans la vie active et les orienter vers les métiers qui recrutent ;
– conforter les moyens consacrés au développement de l’apprentissage, en installant une vrai politique de soutien pérenne et durable.

5 – Simplifier le compte pénibilité :

– a minima, le report d’un an dans la mise en œuvre des 6 derniers critères du compte pénibilité. L’échéance du 1er juillet 2016 est trop proche pour permettre aux branches professionnelles de pouvoir définir des référentiels de branche. La CAPEB demande donc au Gouvernement de lui laisser la responsabilité et le temps de définir ces référentiels ;
– l’abandon des critères liés aux gestes et postures, qui complexifient grandement l’élaboration de référentiels métiers et les rendent inapplicables par les TPE du bâtiment ;
– la révision des seuils fixés pour l’exposition aux poussières de bois, et plus généralement des exigences réglementaires en la matière qui sont aujourd’hui impossibles à respecter. À titre comparatif, la valeur limite d’exposition professionnelle (VLEP) est 25 fois inférieure à celle exigée par la règlementation européenne s’agissant de la pénibilité.
6 – Répondre à l’urgence de la situation face à l’augmentation exponentielle du recours aux travailleurs détachés, en :
– renforçant les moyens de contrôle sur le terrain en allouant un budget dédié et en augmentant les effectifs d’inspecteurs du travail ;
– étendant les contrôles à l’ensemble des chantiers, ainsi qu’aux weekends et jours fériés ;

– coordonnant, au plus près du terrain, les moyens de lutte contre le travail illégal à disposition de l’État (douanes, police judiciaire, gendarmerie) pour gagner en efficacité ;

– assurant la suspension immédiate et sans limite de temps de tout chantier dès que l’infraction est constatée.

7- Accompagner les travaux réalisés par les particuliers, eux aussi touchés par la crise.
Sur ce dernier point Patrick Liébus, a alerté le président de la République :

– sur les effets pervers qu’ a eu la hausse de la TVA applicable au secteur du Bâtiment (passage de 7 à 10 %), qui – outre un impact négatif sur les emplois dans l’artisanat du bâtiment (- 6 000 emplois en 2012, avec la TVA à 7% , – 12 000 à 15 000 emplois en 2014 avec la TVA de 7 à 10%) a impacté également les recettes fiscales de l’Etat : la propension des particuliers à recourir à des travaux « au noir » étant revue à la hausse !

– sur la nécessité de proroger le Crédit d’impôt transition énergétique au-delà du 31 décembre 2016.

Domoclick.com avec la CAPEB

Le 70éme Journées de la Construction CAPEB 2016 , du 13 au 15 avril à PARIS;
http://www.capeb.fr/media/document/plaquette-jc2016-pages.pdf

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