HAUT-DEBIT A LA MAISON: Le projet sur la fin de l’internet illimité annonce une vague de protestations avec des gains d’ économies d’énergies et de sommeil !

Partager cet article...EmailFacebookTwitterGoogle+PinterestLinkedIntumblr

Un document de travail de la FFT**, qui regroupe notamment France Telecom, Bouygues et SFR, et dont OWNI* s’est procuré une copie, suggère l’instauration de nouveaux forfaits comportant “débit IP maximum” et “plafond de consommation”… le tout “pour le fixe ”Vers un Internet limité, partout, pour tous. L’origine d’une telle démarche n’est pas le fruit du ministère de l’Ecologie (économies d’énergie), ni de l’Education Nationale (Concentration des lycéens à leurs devoirs) mais des réseaux, actuellement saturés de données entre IP et GSM; Mais de quoi s’agit-il ?Investigations de l’équipe OWNI.

Chez Orange, si on ne cache pas la mise en place de cette nouvelle stratégie, on concède également que la pilule sera difficile à avaler pour les consommateurs. “Pour le fixe, c’est plus délicat car il ne s’agit pas d’une phase de nouvel équipement, comme pour les smartphones dans le mobile”, explique le porte-parole du groupe Jean-Marie Culpin. “Mais oui, il y a certains forfaits sur lesquels on risque de mettre des seuils”. Et d’ajouter: “s’ils ne concernent qu’ 1% des gens qui downloadent des films toute la journée, alors c’est envisageable. C’est inacceptable si cela impacte davantage de clients”.

Concrètement, à quoi pourrait ressembler une France d’Internet fixe limité ?

Au mobile, d’abord. Car dans le monde des téléphones portables, le pli est pris depuis longtemps. Au-delà de 500 mega octets (Mo) ou 2 giga (Go), en fonction des offres, le consommateur se voit ralenti ou carrément bloqué dans sa navigation: l’opérateur lui propose alors d’acheter une nouvelle tranche d’octets. “Les opérateurs ont fait le même type de mouvement: nous avons besoin de segmenter les offres. Il n’y a pas de raison de payer pour ceux qui consomment 2 Go si on a besoin de 200 Mo !”, précise encore Jean-Marie Culpin, dont l’avis est partagé du côté de chez Bouygues. “Il faut s’adapter à la réalité des usages” déclarait récemment son directeur Général Adjoint Frédéric Ruciak sur ZDNet. Autrement dit: mettre en place des “modèles basés sur la vitesse et la quantité d’usage”.

A la Grande-Bretagne, ensuite. Ou aux États-Unis. Deux pays dont les offres ont été étudiées par la FFT en préambule de ses propositions. Comme le dit d’ailleurs le représentant d’Orange: “les tarifs américains, c’est le rêve de tous les opérateurs !”. La firme avoue scruter du côté des cablo-opérateurs tels Time Warner, Comcast ou bien encore Verizon et AT&T, qui proposent une connexion plafonnée, le plus souvent à 250 Go par mois. Les internautes sont invités à garder un oeil sur leur consommation, à l’aide d’un compteur. Et au-delà de “l’usage raisonnable” fixé contractuellement, cela peut aller jusqu’à la coupure (ici et là, les témoignages de deux abonnés Comcast dont la connexion a été coupée).. Pour la France, cela représenterait un rétropédalage d’une dizaine d’années, époque à laquelle chaque abonné comptait consciencieusement chaque minute de connexion.

Et Free dans tout ça ?

Placer un compteur sur les box s’annonce être une entreprise périlleuse: difficilement justifiable en termes technique et économique, elle vient aussi bousculer une habitude de navigation bien française, ancrée dans les offres triple-play et à bas coût. Une autre inconnue s’ajoute à l’équation: la position de Free, qui a bousculé le marché des opérateurs avec le lancement de son offre ADSL en 2002. Bénéficiant d’une image de chevalier blanc des télécoms, sa réaction sera déterminante. Car ouvrir la voie d’un Internet fixe limité sans avoir l’assurance d’un alignement de la concurrence reviendrait en effet à se mettre une véritable balle dans le pied… Chez Free, on se dit “plus que réservé sur la pertinence d’une telle proposition”, qui irait “à l’encontre des fondamentaux” de la boîte. Et de conclure: “on a du mal à voir où ils veulent en venir”.

Web 2.0: principe selon lequel tout individu peut consulter ou émettre n’importe quel contenu et ce quelque soit son statut et sa localisation dans le monde.

*A suivre sur OWNI:
http://owni.fr/2011/08/19/fin-internet-illimite-fixe-orange-sfr-free-bouygues-telecom/

**FFT:
http://www.fftelecom.org/

Domoclick.com

Mise à jour du lundi 22 aout 2011: Eric Besson rectifie haut et fort !

Craignant ,sans doute, une vague de critiques en pleine rentrée, le ministre de l’Economie numérique Eric Besson s’est empressé de rejeter dimanche 21 aout l’hypothèse d’un plafonnement de l’internet illimité, évoquée dans un document de la Fédération française des télécoms (FFT).
« Le gouvernement n’envisage aucune restriction de l’accès à Internet et travaille bien au contraire au développement du très haut débit fixe et mobile sur l’ensemble du territoire et pour l’ensemble des Français », a dit M. Besson dans un communiqué. « Le gouvernement travaille à encadrer l’utilisation du terme « illimité » par les opérateurs, afin de protéger les consommateurs contre certains abus », affirme le ministre de l’Industrie. « Certains consommateurs ayant souscrit des offres prétendument +illimitées+ ont en effet pu constater des débits qui n’avaient rien d’illimité », précise-t-il.

Le site d’informations Owni affirmait que les opérateurs entendaient « plafonner » l’accès illimité à l’internet fixe, s’appuyant sur un document de la FFT. Une « réduction du débit au-delà d’un seuil de volume de données consommées » est projetée par les opérateurs, qui justifient la mesure par les nécessités de la « gestion de trafic », expliquait Owni. »Il n’est pas question de la fin de l’internet illimité sur (les lignes) fixes », a cependant répliqué le directeur général de la FFT, Yves Le Mouël, interrogé par l’AFP. « Cette affaire n’est pas à l’ordre du jour », a-t-il dit.

Partager cet article...EmailFacebookTwitterGoogle+PinterestLinkedIntumblr
Commentaires
Laisser un commentaire