Energivie 2009, du 15 au 19 avril: les Assises nationales et gratuites du Bâtiment Basse Consommation
Autre nouveauté 2009 réjouissante , la soirée de gala le jeudi 16 avril et les 3 jours du salon sont ouverts au grand-public, bien que le vendredi 17 avril soit plus spécifiquement destiné aux professionnels. Le succès de la journée grand-public de l’édition 2008 a incité à élargir le créneau afin d’accueillir plus de visiteurs et de les recevoir dans de meilleures conditions. L’expérience 2008 montre aussi la maturité du marché des particuliers qui viennent non seulement s’informer mais aussi rencontrer des professionnels susceptibles de fournir et d’installer des matériels leur permettant de construire ou de rénover
selon le référentiel Effinergie. Des ateliers et débats seront organisés plus spécifiquement à destination du grand public le samedi 18 et dimanche 19 avril afin de répondre aux nombreuses questions sur l’ensemble des démarches réalisables et des avantages proposés en matière de BBC (réalisation, mise en place, financement avec le nouveau PTZ, etc..).
• Un programme “pro“ réorganisé
Afin de tenir compte des remarques des expo-
sants comme des visiteurs de l’édition 2008,
les conférences et ateliers seront étalés afin de
permettre un flux de visiteurs régulier.
• Des ateliers techniques et pratiques
Un espace démonstration et expérimentation sera
aménagé afin de permettre aux exposants qui le
souhaitent et à des établissements de formation
professionnelle de réaliser des travaux grandeur
nature, pour un public particulier ou professionnel.
>br>
Le salon Energivie marquera une étape dans les progrès du contrôle de la qualité des travaux : Antoinette Gillet, présidente d’Effinergie, signera les premières ‘chartes’ estampillées par le collectif pour certifier les compétences des entreprises et des maîtres d’oeuvre formés à la basse consommation. Ces dispositifs s’accompagnent d’ambitions chiffrées : la région espère passer cette année le cap des 200 projets labellisés basse consommation ; un programme en cours de lancement avec les bailleurs sociaux porte sur 500 rénovations énergétiques.
Jouer la carte de l’Europe
Evénement régional qui sert de cadre aux Assises nationales du bâtiment basse consommation, Energivie joue aussi la carte européenne. Animée par la rédaction du ‘Moniteur’, la séance plénière du 16 avril approfondira cet enracinement : auteure de ‘L’architecture écologique au Vorarlberg’ à paraître en mai aux Editions du Moniteur, Dominique Gauzin-Müller, architecte française établie à Stuttgart, présentera l’exemple de rénovations de logements sociaux qui ont atteint le facteur 10, en réduction des consommations d’énergie. Camille Bouchon, dirigeante de la filiale strasbourgeoise du bureau d’études Solares Bauen, basé à Fribourg-en-Brisgau, résumera l’étude livrée en 2008 sur les produits et techniques disponibles en Suisse, Allemagne et Autriche dans le bâtiment basse consommation. ‘On a trop tendance à rééditer des démonstrations sur des techniques déjà éprouvées’, note l’ingénieur. Derrière ce constat, se cache un des enjeux majeurs d’Energivie : amener le territoire du Rhin supérieur à jouer un rôle de plaque tournante européenne dans la construction durable.
Energivie, 3éme salon du bâtiment économe en énergie, du 17 au 19 avril:
Technologies : Les 7 clés des bâtiments BBC
par Rémy GENDRE, région Alsace
Entre les bâtiments simplement conformes aux exigences réglementaires actuelles et les maisons à énergie positive, c’est-à-dire celles qui produisent plus d’énergie qu’elles n’en consomment, il existe une troisième voie qui est, dès aujourd’hui, techniquement et financièrement accessible : les bâtiments économes en énergie (‘basse Consommation’ ou ‘basse énergie’). Du confort en plus Ces bâtiments qui affichent une consommation annuelle de 40 à 80 kWh/m2 (4 à 8 l équivalent fioul/m2) séduisent d’abord par le confort qu’ils apportent. L’amélioration de l’isolation et de la ventilation procurent un grand confort thermique, hiver comme été, élimine les problèmes d’humidité, d’odeurs, de bruit et offre la possibilité de filtrer les particules allergènes tels que le pollen et les poussières urbaines. Des économies dès la première année Les bâtiments économes en énergie sont aussi plus rentables. La basse énergie génère certes un surcoût d’investissement, en rénovation ou en construction neuve, de 5 à 15 % selon les solutions techniques retenues. Mais en divisant les factures de chauffage par deux à trois pour les bâtiments neufs et par six à huit pour les réhabilitations, l’investissement réalisé entraîne dès les premières années une économie sur les charges. Dans de nombreux cas, en faisant un emprunt à 5 % sur 20 ans pour financer les travaux de rénovation « basse énergie », les économies annuelles générées sont supérieures à l’annuité de remboursement et cela dès la première année. Sans compter que vivre dans un bâtiment « basse énergie » c’est aussi être moins dépendant de la hausse du prix de l’énergie. On estime à 2000 euros par an l’économie de charges pour une maison individuelle d’environ 100m2. De la valeur ajoutée au bien immobilier La valeur d’un bâtiment va de plus en plus dépendre de ses performances énergétiques. Un bâtiment construit ou rénové aujourd’hui au niveau « basse énergie » (classe A) ne nécessitera aucune réhabilitation thermique lourde avant plusieurs décennies (environ 40 ans) alors qu’un bâtiment construit ou rénové selon les standards actuels devra faire l’objet d’une mise à niveau thermique au bout de 20 ans. En cas de vente ou de location, la valeur d’un bâtiment économe en énergie sera donc plus élevée que celle d’un bâtiment conventionnel.
Clé 1 : Bâtiments compacts et ouverts au soleil
Quel meilleur chauffage que le soleil lui-même ? Des volumes simples et compacts additionnés à une façade sud vitrée de façon optimale et dotée de protections solaires adéquates valorisent les apports solaires et favorisent la réduction des besoins de chauffage. L’orientation du bâtiment et l’aménagement des espaces intérieurs doivent être bien pensés pour bénéficier pleinement des apports solaires. Pièces à vivre au sud avec de larges ouvertures verticales et un toit débordant, chambres à coucher et pièces utilitaires au nord avec des ouvertures plus réduites : c’est en résumé le plan à suivre pour réduire la consommation énergétique tout en gagnant en confort. Pour valoriser les apports solaires, il faut veiller à la répartition des ouvertures et à la sélection des ouvertures qui captent et retiennent la chaleur. La répartition des fenêtres dans la construction doit être judicieusement conçue : de l’ordre de 50 % des surfaces vitrées au sud, 20 % à l’est et l’ouest, 10 % au nord. Il faut aussi les protéger des rayons directs du soleil estival. Autre paramètre, penser aux vents dominants : s’en protéger l’hiver en utilisant à la fois la topographie du terrain et des écrans végétaux, mais savoir en profiter pour rafraîchir l’été.
Privilégiez les haies denses de persistants pour vous protéger des vents froids, les haies plus légères et plus basses (feuillus, arbustes à fleurs et à fruits) vers le sud. Votre maison ne souffrira pas d’ombres portées gênantes en plein hiver. Plantez un arbre à feuille caduque devant votre terrasse ou à l’ouest de votre maison : son ombre vous rafraîchira en été mais elle ne vous gênera pas en hiver quand il aura perdu ses feuilles. Faites votre choix en fonction de la taille de l’arbre adulte pour qu’il n’ombrage pas d’éventuels capteurs solaires sur le toit.
Pensez à une pergola, à des plantes grimpantes en façade sud. Privilégiez aussi les surfaces en herbe ou plantées autour de la maison. Elles sont perméables et l’eau de pluie peut s’y infiltrer au lieu de surcharger les canalisations d’évacuation. Située devant une ouverture, elles réfléchissent moins la chaleur qu’une surface maçonnée et sont donc plus confortables en été.
C’est au nord (isolation contre le froid) et à l’ouest (protection contre le chaud) que l’on situe les espaces tampons comme le garage, la buanderie, la chaufferie. La cuisine qui dégage de la chaleur est située au nord, à moins qu’elle ne soit intégrée à une pièce de séjour.
Une véranda en façade sud permet de valoriser les apports solaires en hiver et en demi-saison. Un dispositif de protection et de ventilation est impératif pour éviter les surchauffes inconfortables en été. Il est important de conserver un éclairage naturel maximal.
Clé 2 : Isolation renforcée des parois
L’isolation des parois peut être réalisée soit par l’intérieur, au détriment de la surface habitable, mais à moindre coût, soit par l’extérieur. Cette dernière solution doit être mise en œuvre en construction neuve et privilégiée, dans la mesure du possible, en rénovation car elle permet de supprimer presque tous les ponts thermiques tout en simplifiant les travaux de rénovation, notamment si le bâtiment est occupé. L’isolation répartie est intégrée au mur lui-même. Elle suppose l’utilisation de matériaux particuliers qui assurent à la fois la tenue mécanique et l’isolation (briques à alvéoles multiples, blocs de béton cellulaire, panneaux de bois isolés…).
Les épaisseurs d’isolant (équivalent laine minérale) doivent être au moins égales à 30 cm pour la toiture ou le plancher des combles, 15 cm pour la façade et le plancher sur cave. Une attention particulière est portée aux phases de conception et de chantier, afin de limiter au maximum les «fuites» de chaleur liées à une discontinuité de l’enveloppe isolante et/ou de l’étanchéité à l’air.
De très nombreux produits sont disponibles et il est important de bien les choisir. Les isolants traditionnels sont principalement les laines minérales (laines de verre et de roche) et les plastiques alvéolaires (polystyrène et polyuréthane). Ils sont issus de matières non renouvelables. Une très grande part des ces produits bénéficie d’une certification ACERMI.
Les isolants naturels sont fabriqués avec une part variable de matières renouvelables. Il s’agit en particulier de produits fabriqués avec de la plume de canard, de la ouate de cellulose, de la laine de bois, du liège ou encore du chanvre. Plusieurs de ces produits bénéficient d’un avis technique, d’un agrément technique européen ou d’une certification et sont disponibles sur le marché.
L’investissement dans l’isolation pourra souvent être compensé, au moins en partie, par des économies sur l’appareil de chauffage, nécessairement moins puissant qu’avant isolation.
Propriétés isolantes des matériaux
Les propriétés des matériaux utilisés pour les murs, le sol, le plafond et les fenêtres d’une maison ont une influence directe sur la consommation d’énergie.
La résistance thermique d’un matériau représente l’aptitude de celui-ci à ralentir la propagation de l’énergie qui le traverse. L’épaisseur nécessaire pour obtenir une résistance thermique performante dépend du matériau utilisé. A titre d’exemple, il faut une épaisseur de béton 45 fois plus grande qu’une épaisseur de laine de chanvre pour atteindre la même performance d’isolation.
Clé 3 : Traitements des ponts thermiques
Le pont thermique, une source d’inconfort
Les ponts thermiques sont des zones de « fuite » de chaleur, là où l’isolation fait défaut. Ils se situent généralement aux points de jonction des différentes parties de la construction : nez de planchers, linteaux à la périphérie des ouvertures…
Ces ponts thermiques doivent faire l’objet de croquis détaillés afin de comprendre l’origine de la « fuite » et de la traiter le mieux possible. Les ponts thermiques sont à l’origine de zones froides dans la maison et donc sources d’inconfort. À leur niveau, on constate souvent la condensation de l’humidité, l’apparition de moisissures ou le décollement des papiers peints. D’où l’intérêt de l’isolation extérieure qui élimine une bonne partie des ponts thermiques.
Clé 4 : Fenêtres performantes
Le choix des ouvertures est important Certes, elles permettent de profiter du soleil et du paysage : on aimerait qu’elles soient grandes et nombreuses. Mais elles peuvent dégrader le bilan thermique de la maison en laissant la chaleur entrer l’été et sortir l’hiver. Comment résoudre cette contradiction ? Il est impératif d’utiliser les meilleures fenêtres que l’on trouve sur le marché et qui présentent un coefficient de transmission thermique performant. Elles sont composées d’un double vitrage peu émissif à isolation thermique renforcée. En rénovation, les fenêtres à triple vitrage peuvent être nécessaires pour atteindre les performances recherchées. Il reste qu’un compromis peut être trouvé, dans le neuf comme en rénovation, en plaçant le triple vitrage uniquement en façade nord, où les apports solaires sont inexistants. Autre recommandation : choisir des menuiseries extérieures possédant une étanchéité parfaite et une très bonne isolation thermique. Le bois et le PVC offrent de bonnes performances. Les encadrements de fenêtres métalliques sans rupture de pont thermique sont, en revanche, peu efficaces en terme d’isolation. Certains vitrages dits « thermo-acoustiques » réduisent également les nuisances sonores.
Clé 5 : Absence de fuites d’air
Eviter les fuites d’air, un impératif
Des défauts d’étanchéité à l’air sont souvent rencontrés, au niveau des fenêtres par exemple, ou du passage des différents câbles. Dans une maison classique, ces fuites peuvent générer un grand gaspillage d’énergie. Des produits spécifiques existent pour résoudre ces problèmes d’étanchéité (rubans, manchons, bandes d’étanchéité…), que ce soit dans la construction neuve ou la rénovation.
Bien sûr, l’étanchéité à l’air doit aller de pair avec une ventilation mécanique contrôlée (voir clé n°6) avec récupération de chaleur.
Afin de contrôler la bonne étanchéité du bâtiment, il existe un système de test. On coupe la ventilation de la maison, on ferme toutes les portes et fenêtres sauf une sur laquelle on installe le système de test : il s’agit d’une porte en toile munie d’un ventilateur commandé par un ordinateur et raccordé à différentes sondes (voir photo). Le système crée une dépression dans la maison pour calculer le volume d’air qui entre par les fuites.
Clé 6 : Ventilation double flux avec récupération de chaleur
La ventilation double flux avec récupération de chaleur séduit par les économies de chauffage qu’elle entraîne (jusqu’à 30 %) mais aussi par sa contribution au confort et à la qualité de l’air intérieur. Un investissement 100 % gagnant. La ventilation d’un logement est impérative pour maintenir une ambiance saine. Elle a pour fonction d’évacuer la vapeur d’eau et l’air pollué ou vicié par les occupants, la cuisine, les appareils sanitaires et ménagers afin d’éviter condensation, odeurs et dégradations. Or, en hiver, lorsque la température est basse, le réchauffement de l’air froid entrant dans le logement représente une part très importante des besoins de chauffage. La ventilation générale et permanente des logements est d’ailleurs une obligation légale pour tous les logements postérieurs à 1982. L’installation et l’utilisation d’une VMC, ventilation mécanique contrôlée, est le moyen le plus sûr de s’y conformer. Les techniques de ventilation sont aujourd’hui bien maîtrisées.
> VMC simple flux
L’air frais venant de l’extérieur traverse d’abord les pièces de séjour et les chambres puis est évacué des pièces de service (cuisine, salle d’eau, WC) grâce à un groupe d’extraction comportant un ventilateur. Ce dispositif est à éviter car il ne permet absolument pas de contrôler les pertes d’énergie et ne permet donc pas d’atteindre les performances de la basse consommation.
> VMC simple flux hygroréglable
Le débit d’air varie en fonction de l’humidité ambiante : l’évacuation est plus forte lorsque l’air est très humide. Lorsque l’air est peu humide, la ventilation est ralentie et on évite de rejeter trop d’air chaud à l’extérieur. Ce système permet une petite économie par rapport à la VMC simple flux.
> VMC double flux avec récupération d’énergie
Dans une maison « basse énergie », la ventilation mécanique est nécessairement à double flux : l’air ne pénètre pas par des entrées d’air dans les fenêtres, mais par un conduit central qui le distribue ensuite dans les pièces principales. Un échangeur de chaleur situé généralement dans les combles permet à l’air sortant de céder sa chaleur à l’air entrant qui est préchauffé sans mélange des deux flux d’air.
Cet équipement est plus coûteux qu’une VMC simple flux mais permet des économies de chauffage importantes (jusqu’à 30 %) en récupérant jusqu’à 70 % (90 % dans les systèmes haute performance maintenant sur le marché) de l’énergie contenue dans l’air vicié extrait et en profitant de la chaleur dégagée par la cuisson ou la toilette. L’installation peut aussi être raccordée à un puits canadien. Bien sûr, les hautes performances de ces systèmes ne sont possibles qu’à condition d’avoir éliminé les fuites d’air au préalable (voir clé n°5).
Clé 7 : Énergies renouvelables chauffage à haut rendement
Lors du renouvellement d’un système de chauffage, il est impératif de raisonner en « coût global » : le coût d’acquisition du matériel, les coûts prévisionnels d’utilisation et d’entretien de l’installation et sa durée. Si vous faites le choix du fioul et du gaz, privilégiez les équipements à haut rendement. Dans tous les cas, un bâtiment économe en énergie nécessitera un appareil de chauffage et des émetteurs moins puissants, donc moins coûteux.
Dans un bâtiment économe, une attention particulière doit être portée au dimensionnement des installations qui sont plus réduites : puissance de la chaudière, diamètre des canalisations, taille des radiateurs.
De manière générale, de meilleures performances sont atteintes si la chaudière est reliée à un plancher chauffant plutôt qu’à des radiateurs.
Par rapport à une chaudière standard actuelle, les économies réalisables sont de l’ordre de 20 % avec les chaudières à condensation fonctionnent à basse température. Ces chaudières « performantes » peuvent bénéficier d’un crédit d’impôt.
> Osez les énergies renouvelables !
À la faveur de techniques perfectionnées et abordables, de plus en plus de constructions intègrent le solaire et le bois-énergie pour l’eau chaude sanitaire et le chauffage. Les énergies renouvelables, des solutions fiables, économiques et écologique.

