Les faits se téléscopent et annoncent le début de la fin d’un monde tout-papier. Alors que le 5 janvier, plusieurs quotidiens n’ont pas pu paraître à cause de la grève d’une partie des ouvriers CGT et de Presstalis (ex NMPP) pour protester contre des plans d’économies, Amazon présentait la version DX de son livre électronique , le Kindle, capable de lire un journal électronique. Deux semaines plus tard, en pleine euphorie d’innovations numériques lors du salon CES de Las Vegas, le 27 janvier, Apple présentait à San Francisco, sa tablette magique tactile l’iPad auquel la presse écrite voue de grands espoirs. Pourquoi et comment l’usage passif va primer sur l’usage actif ? Voici les principaux enjeux avec un acteur puissant pour peser sur les gros contrats en perspective, Google, le numérisateur des livres et l’agrégateur des contenus presse

Un livre numérique , un support de presse écrite ou de jeux multimedia ?

L’affichage très lumineux et la puissance du processeur de l’iPad pousse certains à voir dans ce nouvel appareil, en vente dans une dizaine de pays dès le 3 avril, non seulement une tablette de lecture et un lecteur multimédias, mais aussi un séduisant appareil de jeux. « On a pu le tester le jour de la présentation, et on a été impressionnés par ses possibilités, pour les jeux et la lecture de livre électroniques en particulier », a commenté Ben Reitzes, un analyste financier chez Barclays Capital.
« L’expérience de jeu nous à semblé bien meilleure que ce qu’on a avec des plateformes à écran plus petit, et ce ne serait pas étonnant si la popularité des possibilités de jeu finissait par être la surprise que nous réserve l’iPad », a ajouté M. Reitzes. Les 150 000 applications gratuites et payantes développées pour l’iPhone et l’iPod Touch, ont aidé à faire son succès tout en créant un secteur d’activités presque dédié, et les développeurs espèrent renouveler le phénomène pour l’iPad.

Sauveur de la presse papier avec de nouveaux revenus publicitaires.

Selon Le Volontaire ,culture & politique à l’heure des nouveaux media,  » plusieurs éditeurs espèrent en effet que ce support permettra d’introduire un modèle de consommation payant de leurs contenus comme ce que cherche à imposer Rupert Murdoch. Du côté du Guardian de Londres ou de l’AFP, par exemple, l’enthousiasme est sans contredit : l’iPad va sauver la presse en mettant un prix sur le journalisme numérique. Mais certains se montrent moins optimistes comme J-C Féraud dans un très bon article qui reconnait pourtant les vertus de cette tablette magique:
http://monecranradar.blogspot.com/2010/01/la-presse-court-derriere-la-tablette.html

Devant tant d’atouts et comme hypnotisée par le bruit qu’a créé Apple autour de sa Tablette, la presse déboussolée pense enfin tenir […] le terminal ultime pour convaincre l’internaute de “payer pour voir”, alors que la culture de la gratuité s’est imposée massivement sur le Net pour les informations.

Philippe Gendret, responsable du développement numérique pour le groupe suisse Edipress, qui édite des titres comme Le Matin ou La Tribune de Genève, se demande si ”notre lecteur moyen de 50 ans va dépenser 500 euros juste pour lire le journal? Et est-ce que l’iPad va séduire les lecteurs occasionnels de journaux en ligne?”. Pour lui, l’iPad “c’est pour les geeks”, les fanas de nouvelle technologie, poursuit Le Volontaire 5abonnement par liens RSS).

Peu probable, précisément parce que l’iPad est un support numérique à « usage passif » qui prime sur les usages. Autant l’iPhone a les vertus de l’hyper-communication toujours-et-partout pour un « usage actif » (on l’utilise beaucoup pour son job) autant l’iPad a les vertus du support à « usage passif » . Il n’est pas innocent que lors de sa présentation par Apple, son fondateur, S JOBS ait fait sa démo sur un canapé.

Six usages de divertissement total.

-1/ Pourvoir lire plusieurs journaux en plusieurs langues et stocker ce qu’on aime (génial et zéro papier) – 2/ voir un film et la dernière bande-annonce,
– 3/ montrer les photos à Mamy en prenant son temps , et très important, sans interruption par le téléphone iPhone qu’il ne concurrence pas du tout,
– 4/ Lire un bouquin ou consulter + facilement un rapport qui font des dizaines de pages et qu’on ne veut pas imprimer
– 5/ Le pure objet de divertissement sans fil à la patte , c’est quand même mieux au format A4 .
– 6/ Jouer seul, à plusieurs ou , en ligne, avec des millions de joueurs.
Je crois qu’Apple va nous étonner encore avec cette tablette iPad , d’autant qu’elle pourrait devenir à la fois la télécommande de gestion domotique de la maison (applications déjà prête) et la super-télécommande de la TV… à un prix d’entrée anti-Apple: N’est-ce pas là aussi une belle innovation capable de faire graviter la concurrence dont le français An?

L’iPad, c’est aussi un nouveau modèle économique viable pour les entreprises de presse que le magazine de la communication publicitaire , Stratégies, voit à sa manière. Plus qu’Internet en général, c’est en effet l’iPhone qui fait office de vrai tueur de papier, ne serait-ce que par son usage nomade. Avant l’iPhone, il était compliqué de lire la version Web du Monde, du Point ou du Parisien dans le métro, par exemple. En permettant un accès rapide et simple à des contenus mis à jour, l’iPhone a montré que l’on pouvait en partie se passer de version papier. Un argument qui peut se monétiser via l’App Store, alors que la presse généraliste a un mal de chien à faire payer son contenu en ligne.
La tablette d’Apple est logiquement un iPhone en mieux, ne serait-ce que par la taille de son écran, plus proche d’une publication classique… Ajoutez-y les fonctionnalités classiques de l’Iphone (simplicité d’usage, navigation, etc.) et l’on comprend mieux les espoirs que la presse met dans ce futur objet. Il autorise notamment, comme l’iPhone, le feuilletage virtuel, comme dans la vraie vie. La vraie vie où l’on paye encore son journal et son magazine signe François Kermoal pour Stratégies (Edition n°1574)

Forecom, pour vendre des magazines, faire évoluer les sources de revenus (publicités, liens commerciaux) et qualifier ses fichiers de lecteurs:
http://www.forecomm.net/index.php/offre-magazine-ipad

Stratégies magazine:
http://www.strategies.fr/

iPad: J’aime, j’aime pas, à vous de dire:
http://www.20minutes.fr/article/390690/High-Tech-Clamez-haut-et-fort-a-quel-point-vous-detestez-l-iPad.php

J Robert pour Domoclick.com

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Jérome Robert
Ex concepteur-redacteur multimedia, Jerome ROBERT est co-fondateur du site Domoclick.com créé en 2000 à Albi (81000 FRANCE) sur l'innovation et la communication dans l'habitat. Il a co-écrit avec Laurent FABAS (ingénieur thermicien) le "Guide de la maison économe, la solution écologique" (Eyrolles pratique 2008) !