Alain Bazot , le président de l’UFC-Que Choisir n’est pas content de la mise en place du nouveau compteur Linky alors que l’enjeux financier est de taille pour son initiateur: l’ERDF et qu’un de ses arguments phare est de pouvoir mesurer , donc contrôler, sa consommation chez soi. Face à l’envolée promise des tarifs de l’électricité ces prochaines années, les usagers devront plus que jamais maîtriser leur consommation. Le nouveau compteur Linky est censé les y aider. Mais, parce qu’il ouvre la porte à pléthore de services payants, sous prétexte d’être « intelligent », l’UFC-Que Choisir demande le gel de sa généralisation à tous les ménages. Un appel qui se heurte à la mission déterminante d’ERDF  de réussir la « transition de génération »  de compteurs. Voici les contre-arguments de l’association Que Choisir.

« Paie si tu veux économiser ! » Voilà le slogan que pourrait utiliser ERDF pour promouvoir son compteur « intelligent », tant celui-ci est aux antipodes des exigences européennes et nationales qui imposent que les nouveaux compteurs permettent gratuitement aux usagers de « mieux connaître leur consommation d’énergie en temps réel et ainsi de la maîtriser ». En fait, le compteur Linky est avant tout conçu dans l’intérêt du gestionnaire de réseau et des fournisseurs d’énergie et, en dépit des allégations de ses promoteurs, bien peu dans celui des usagers.

D’abord, malgré la promesse de sa gratuité pour les consommateurs, ceux-ci devront le financer via le Turpe (tarif d’utilisation du réseau public d’électricité). Or, le coût de l’appareil et de son installation est ­élevé : de 120 à 240 € par compteur, voire de 200 à 300 € selon les récents chiffres d’EDF. C’est nettement plus que chez nos voisins européens : par exemple, 80 € en Italie où semblable compteur est financé par le fournisseur Enel. Mais surtout, ­l’arrêté de généralisation du compteur Linky, publié en janvier dernier au Journal officiel, ne répond ni aux exigences des consommateurs, ni à celles de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) et du Médiateur de l’énergie. Tous, en effet, réclament que ce compteur offre réellement la possibilité à chacun de maîtriser sa consommation électrique à travers une information ­gratuite délivrée en temps réel.

La ­Commission européenne a d’ailleurs ­rappelé cette ­exigence le 9 mars dernier, sans que cela n’occasionne le moindre changement de cap des pouvoirs publics. Décidée à rétablir l’équilibre entre les ­modalités ­réglementaires et les exigences normatives du compteur, l’UFC-Que ­Choisir a donc saisi le Conseil d’État d’un recours pour excès de pouvoir contre l’arrêté de ­généralisation du Linky. ­Objectif : obtenir un projet plus respectueux des intérêts des consommateurs, censés être les principaux bénéficiaires de ce compteur intelligent.

L’accès de chaque usager, sur son lieu de vie, à une ­information sur sa consommation ­énergétique est aujourd’hui d’autant plus nécessaire que, conformément à son ­projet présidentiel, François Hollande veut, selon le principe pollueur-payeur, instaurer une tarification progressive pour l’eau, le gaz et l’électricité. Un tel projet, qui suscite d’ailleurs beaucoup ­d’interrogations quant à ses modalités, exige que chacun connaisse précisément ses consommations pour mieux les ­maîtriser. Bref, pour la généralisation du nouveau compteur électrique, le ­changement, ça doit être maintenant !

Domoclick.com avec Que Choisir

http://www.quechoisir.org/environnement-energie/energie/electricite-gaz/communique-compteur-linky-le-vrai-du-faux