Mediapart a lancé jeudi 10 mars FrenchLeaks (www.frenchleaks.fr), un site inspiré de WikiLeaks invitant les citoyens à transmettre des documents qui, après enquête et validation par les journalistes de la rédaction, seraient mis à la disposition du public. « FrenchLeaks met à disposition du public les documents ayant servi aux enquêtes de Mediapart sur, par exemple, l’affaire Bettencourt ou l’affaire Karachi, et invite aussi les citoyens à transmettre des informations », a expliqué Edwy Plenel, le directeur de la publication, lors d’une conférence de presse organisée dans les locaux de la rédaction à Paris.

« Notre site protège l’anonymat et la sécurité des sources et permet ainsi de poster des documents qui seront ensuite avisés par la rédaction et publiés s’ils sont pertinents », a-t-il poursuivi.
Pour l’ancien patron de la rédaction du Monde, FrenchLeaks « concrétise une alliance entre les journalistes et les lanceurs d’alertes citoyens ». « Ce que nous trouvons, nous le rendons au public », a-t-il ajouté, précisant que tous les documents seraient téléchargeables et reproductibles. « Un travail journalistique sera effectué avant la mise en ligne. On a une responsabilité éditoriale », a-t-il insisté. Si les documents seront librement accessibles, les enquêtes journalistiques qui y sont associées seront en revanche postées sur le site Mediapart qui, lui, demeure payant. Mediapart, lancé il y a trois ans, revendique aujourd’hui 48.000 abonnés payants.

Slate.fr lance Wikipol, un Wikipedia du monde politique

Le site d’informations Slate.fr, qui a fêté ses deux ans d’existence jeudi 10 mars, a annoncé le lancement de Wikipol, un site inspiré de l’encyclopédie collaborative Wikipedia et consacré aux personnalités du monde politique français avant les importantes échéances électorales de 2012. Wikipol a l’ambition d’être « une bible actualisée et développée en permanence, une référence dans la période qui s’annonce », a souligné Jean-Marie Colombani, président de Slate.fr, lors d’une conférence de presse à Paris. Pour ses débuts, le site (http://politique.slate.fr/personnalités/Accueil) comprend 150 profils – femmes et hommes qui peuvent être élus, conseillers ou politologues -, rédigés en collaboration avec l’école de journalisme de Sciences Po Paris.

A terme, Wikipol devrait comprendre 1.000 profils de personnes « qui vont faire la campagne » a souligné Johan Hufnagel, rédacteur en chef de Slate.fr, et notamment « les gens dont on ne connaît pas le nom mais qui vont surgir ». Afin de parer aux trolls, les modifications et ajouts apportés par les internautes seront cependant relus et validés avant leur mise en ligne. Lancé en 2009 sur le modèle du site américain Slate.com, Slate.fr est un « pure player » (un média qui n’existe que sur le net) qui ne se présente pas comme un site d’actualités comme Mediapart ou Rue89 mais revendique, plutôt que des scoops, un traitement plus magazine et plus original de l’information. « C’est un site généraliste, mais on essaye de trouver des angles impertinents, subjectifs. On y vient pour comprendre, être surpris et s’amuser. Il y a un côté ludique qu’on revendique », a expliqué Eric Le Boucher, un des cofondateurs. « On veut prendre le temps de l’analyse et de l’explication, alors même que l’information est surabondante », a renchéri Jean-Marie Colombani.

Slate.fr, qui ne propose que du contenu entièrement gratuit et financé par la publicité, revendique aujourd’hui deux millions de visiteurs uniques par mois. Lundi, à Dakar, Jean-Marie Colombani, ancien directeur du Monde, avait déjà annoncé le lancement de SlateAfrique, une déclinaison destinée à l’Afrique francophone et faisant majoritairement appel à des contributeurs africains. Le modèle magazine permet des « coûts relativement contenus », a expliqué pour sa part le directeur général Eric Leser. La rédaction comprend dix personnes (dont cinq journalistes) et compte sur environ 150 contributeurs. Journalistes ou experts, ils sont « tous rémunérés » en intervenant ponctuellement ou sur des blogs spécialisés. Une partie du contenu (environ 20%) est également issu et traduit de Slate.com.

En 2011, Slate.fr, lancé en 2009 avec 3,5 millions d’euros de fonds propres, doit doubler son chiffre d’affaires et passer à 1,6 millions d’euros. Il espère surtout « commencer à gagner de l’argent », a souligné Eric Leser. La publicité, que Slate.fr compte attirer de plus en plus grâce à un lectorat « exigeant », selon Jean-Marie Colombani, et classé dans les catégories socio-professionnelles supérieures, compte pour 80% des revenus. Le reste est assuré par la vente de contenus, avec des articles exclusifs vendus à Orange, Pôle Emploi ou la SNCF.

www.frenchleaks.fr

http://politique.slate.fr/personnalités/Accueil