Ce matin le quotidien Les Echos a changé d’allure avec une mise en page plus épurée, de quoi souligner leur enquête sur « les industriels français à la conquête du marché des gaz de schiste » par Veronique Le Billon**. Mais dès la parution, le site lesechos.fr a été piraté pendant plusieurs heures. A croire que ce serait un coup des militants écologistes qui mènent une opposition aveugle sur une technologie ancienne et controversée, pourtant maîtrisée largement par 8 industriels français: Total, CGG- Veritas , Solvay, Imerys*** ont investi le marché américain des gaz de schiste.Le secteur représente désormais 80 % de l’activité de Vallourec en Amérique du Nord et Veolia est tout simplement le numéro mondial du traitement des eaux exploités par le gaz de schiste.Alors que la demande d’énergie mondiale progressera encore de 35% d’ici à 2035, que les Etats-Unis ont créés 600 000 d’emplois par cette industrie et que le sol français serait doté d’environ 5,1 milliers de milliards de m3 !!!, la France persiste à interdire son exploitation. Faut-il renoncer ? Lors de sa conférence de presse mardi 13, le président F.Hollande a laissé s’échapper un doute. Parce qu’il faut bien entreprendre quelques forages en France pour expérimenter les solutions propres de la fracturation hydraulique. Le rapport Gallois l’affirme ****. Début de l’article des Echos du jour

Une édition 2011 de l'hebdomadaire Time USA sur le gaz de schiste

« Je laisse les entreprises, les chercheurs travailler et je prendrai mes responsabilités le moment venu si une technique apparaît. » En entrebâillant, la porte sur les gaz de schiste en France, François Hollande aura à coup sûr déçu les écologistes mais ravivé les ambitions des entreprises françaises. Des entreprises qui, situées de l’amont à l’aval de la chaîne, se positionnent déjà sur le marché américain des gaz non conventionnels, cherchant à profiter d’une manne qu’elles espèrent voir s’étendre à l’Asie et à – au moins – certains pays d’Europe.
Le premier groupe français à s’être investi dans le marché américain a été, sans surprise, Total. Fin 2009, le groupe a pris une participation de 25 % sur les gisements de l’américain Chesapeake dans les Barnett Shales (Texas), avant d’acquérir au début de cette année un quart de ses gisements de l’Utica (Ohio), plus riches en condensats (huiles légères) et donc beaucoup plus rentables depuis la chute des prix du gaz américain.
Mais Total est loin d’être le seul groupe français à se lancer sur le marché. En amont de l’exploitation, le spécialiste de sismique CGG Veritas vient d’annoncer la signature d’un accord de coopération avec l’américain Baker Hughes pour optimiser la connaissance des réservoirs de gaz non conventionnels. Il espère ainsi concurrencer le leader en la matière et sur toute la chaîne des services aux puits, le franco-américain Schlumberger.
Une manne pour les tubistes
Les équipements de production constituent un autre axe d’intérêt pour les industriels français. Le fabricant de tubes sans soudure Vallourec assure que les gaz de schiste représentent désormais 80 % du chiffre d’affaires de Vallourec en Amérique du nord, soit 10 % de son activité mondiale. Le groupe vient d’achever sa nouvelle usine de Youngstown (Ohio), d’où sortent ses premiers tubes et connecteurs dédiés à l’exploration non conventionnelle – d’un diamètre plus réduit que pour le forage classique. « L’exploration se fait dans des zones peu perméables, il faut donc beaucoup de forages, exposer beaucoup de tubes et la durée de vie des puits est assez courte. Pour le marché des tubistes, c’est une manne », commente Thierry Hornet, directeur pétrole et gaz de Vallourec. Lancée en 2010 pour un montant annoncé de 650 millions de dollars, l’usine est conçue pour traiter 350.000 tonnes d’acier.

D’autres groupes français sont présents sur le marché plus pointu des fluides (mélanges d’eau, de sable et de produits chimiques) nécessaires à la fracturation hydraulique de la roche-mère. Comme Saint-Gobain, le spécialiste des minerais Imerys a développé des « proppants », c’est-à-dire des agents de soutènement – des billes et cylindres de céramique de 100 microns à 1 millimètre – pour maintenir les fractures ouvertes et ainsi permettre au gaz ou à l’huile de s’échapper. Imerys, qui a réalisé l’an passé 3,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires, en attend 150 millions à l’horizon 2016. « Ce sont des marchés qui deviennent plus concurrentiels, mais la demande n’est pas encore satisfaite, au moins pour le long terme », juge Thierry Salmona, directeur de l’innovation à Imerys. Pour faciliter la fracturation de la roche-mère, Rhodia Novecare (groupe Solvay) vend de son côté du guar, un épaississant, dont la hausse des cours a dopé l’Ebitda de Solvay au troisième trimestre.

L’un des enjeux environnementaux de la fracturation hydraulique repose aussi sur l’usage et le recyclage de l’eau. « Nous sommes un des deux seuls acteurs au monde à savoir traiter les effets sur l’eau de l’exploitation du gaz de schiste », ambitionne le de PDG de Veolia, Antoine Frérot (« Les Echos » du 8 novembre). Son concurrent Suez Environnement s’y intéresse aussi : sa filiale Ondeo Industrial Solutions a travaillé avec Halliburton sur les problématiques complexes qu’aurait nécessitées une exploitation en France.
Au-delà des Etats-Unis, les entreprises françaises regardent désormais les marchés européens et asiatiques. Total a pris position sur l’exportation de GNL au départ des Etats-Unis, et il a acquis des permis d’exploration en Argentine, au Danemark ou en Pologne. Vallourec adapte une usine en Chine et a vendu des tubes pour mener de premiers tests dans plusieurs pays européens. Il en avait d’ailleurs vendu à un opérateur américain qui voulait forer en France, avant que les permis d’exploration ne soient annulés ».
Tous les permis de recherche de gaz de schiste ne seraient pas annulés: C’est le cas de trois sites en région parisienne.

** Véronique Le Billon pour Les Echos:
http://www.lesechos.fr/journal20121115/lec2_industrie_et_services/0202384044435-les-industriels-francais-a-la-conquete-du-marche-des-gaz-de-schiste-511007.php

Le Monde: Rocard a-t-il eu tort de comparer les gaz de schiste au gaz de Lacq ?http://lexpansion.lexpress.fr/entreprise/rocard-a-t-il-eu-tort-de-comparer-les-gaz-de-schiste-aux-gaz-de-lacq_360036.html?xtmc=Rocard&xtcr=2

Domoclick.com

**** Télécharger le rapport Gallois:
https://www.domoclick.com/metiers-emplois-creation-dentreprises/a-telecharger-le-rapport-gallois-integral-pacte-pour-la-competitivite-de-lindustrie-francaise/

*** Les 8 entreprises hexagonales
– Total,Production avec Chesapeake dans les gisements de Barnett (Texas) et d’Utica (Ohio).
– Vallourec,Fabrication de tubes sans soudure et de connecteurs pour les forages.
– Veolia
– Solvay,Fourniture de guar, un gélifiant pour les formulations servant à la fracturation hydraulique.
– CGG Veritas,Coopération du spécialiste de la sismique avec l’américain Baker Hughes pour améliorer la connaissance des réservoirs.
– Imerys (Saint-Gobain), Fabrication d’agents de soutènement pour écarter la roche-mère et laisser passer gaz et huile.
– SNF à Andrézieux Bouthéon (Loire)
– Ondeo Industrial Solution (Suez),