Gros Plan sur l’Investissement 2018-2022: 20 milliards d’euros pour la transition énergétique, 15 pour la formation et 13 pour l’innovation.

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Les 4 grandes priorités du Grand Plan Investissement visent la transition écologique, les formations, l’innovation et l’âge numérique. En investissant massivement aujourd’hui 57 milliards, nous construisons notre compétitivité et notre environnement de demain a déclaré le premier ministre Edouard Philippe lors de la présentation lundi 25 septembre. Présentation complète avec le zoom BTP du Moniteur et l’avis de Challenges. Enfin les moyens suivent les objectifs. Pas assez ? A vous de juger, en tous cas on ne pourra pas critiquer que ce plan est mal ciblé !

Nicolas HULOT, ministre de la transition écologique et de la solidarité, ministre d'Etat
Nicolas HULOT, ministre de la transition écologique et de la solidarité, ministre d’Etat

Elaboré par l’économiste Jean Pisani-Ferry, l’homme orchestre du programme présidentiel d’Emmanuel Macron, ce plan quinquennal doit permettre d' »amplifier l’effet réformes économiques, fiscales, et sociales » du gouvernement, a souligné le premier ministre en déclarant
« Il s’agit de donner de la puissance et de la visibilité à nos grandes priorités d’investissement ». La plupart des mesures qui seront couvertes par ce plan de 57 milliards d’euros ne sont pas nouvelles et ont été annoncées par le gouvernement ces dernières semaines.

Première priorité du gouvernement: la transition écologique, à laquelle 20 milliards d’euros seront dévolus. « C’est la continuité du plan climat qui a été présenté par le ministre d’Etat Nicolas Hulot, au début du mois de juillet dernier », a observé le Premier ministre.

Dans le détail, 7 milliards serviront à « développer les énergies renouvelables » et 9 milliards d’euros devront permettre d' »amplifier l’effort de rénovation thermique des bâtiments », notamment en divisant par deux le nombre de « passoires thermiques ».

Autre priorité, 15 milliards d’euros seront destinés à « édifier une société de compétences », en formant et accompagnant vers l’emploi « un million de chômeurs faiblement qualifiés et un million de jeunes décrocheurs », a affirmé M. Philippe.

Tout démarre dès 2018

Selon M. Pisani-Ferry, ce volet formation doit faire baisser le chômage structurel d’un point sur le quinquennat, « un objectif ambitieux ». « On réinsère dans l’emploi 300.000 personnes », a-t-il détaillé, tout en disant « espérer plus ».

13 milliards d’euros à « l’innovation et la compétitivité »
13 milliards dont 5 milliards à l’agriculture pour « accélérer l’adaptation des outils et le changement des pratiques », « mieux intégrer la réponse aux défis climatique », ou encore « renforcer la compétitivité des différentes filières ».

9 milliards d’euros iront à la transformation numérique de l’action publique,
Notamment « pour économiser dans le fonctionnement de la machine de l’Etat ». Quelque 4,9 milliards seront mobilisés dans le secteur de la santé, notamment pour « accélérer la numérisation du système de santé et de cohésion sociale ». Grande inconnue jusque là, le financement de ce plan a été précisé par le chef du gouvernement: il le sera grâce à « la mobilisation des budgets des ministères qui vont accorder plus de priorités à ces dépenses d’investissement, grâce au financement du troisième programme pour les investissements d’avenir (PIA3) et grâce à la mobilisation exceptionnelle de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) et de la Banque européenne d’investissement (BEI) ». Selon l’entourage du Premier ministre, 7 à 8 milliards d’investissement sont prévus pour l’an prochain, dont environ « cinq milliards en crédits budgétaires » inscrits en loi de finances.

20 milliards d’euros pour rénover 1 million de « passoires thermiques »

Selon Le Moniteur ce Plan vise à rénover 1 million de « passoires thermiques » avec les 9 milliards d’euros consacrés à la rénovation thermique des bâtiments, 4,8 milliards € seront dévolus à la rénovation des bâtiments publics : 1,8 Md€ pour les bâtiments de l’Etat et 3 mds pour les bâtiments des collectivités locales. L’investissement direct de l’Etat pour ces bâtiments se montera à 500 M€ dans le cadre de la dotation de soutien à l’investissement local, tandis que la Caisse des dépôts mettra à disposition 3 Mds € (500 M€ en fonds propres investis dans des sociétés de tiers-financement par exemple, et 2,5 mds € pour des prêts).
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Pour la rénovation des logements -l’objectif est de rénover 1 million de « passoires thermiques » et ainsi de diviser leur nombre par 2 en 5 ans – le gouvernement investira dans la rénovation du parc social via des prêts de la Caisse des dépôts avec une enveloppe de 3 Mds € et dans le parc privé, via le programme « Habiter mieux » de l’Anah, en augmentant le budget de cette dernière de 1,2 Md € sur la durée du quinquennat. « Le programme « Habiter Mieux », désormais doté d’une enveloppe totale de 3,7 Md € sur 5 ans, pourrait permettre de financer la rénovation de 75 000 logements par an, soit 375 000 logements sur la durée du quinquennat », estime le rapport de Jean Pisani-Ferry. Quant à la rénovation du parc social, le gouvernement espère 500 000 logements rénovés sur les cinq prochaines années. Petit bémol : depuis sa création en 2011, le programme de l’Anah a permis de rénover 191 000 logements, soit un peu plus de 30 000 par an…
 
 » Il y a deux leviers pour transformer le pays: les réformes économiques et sociales et les investissements massifs « , a lancé le Premier Ministre, qui met en musique une promesse de campagne du candidat Macron: baisser les dépenses publiques de 60 milliards en cinq ans et, en même temps, accroître les investissements de la sphère publique d’un montant presque équivalent. Sur le papier, ce  » grand plan d’investissement 2018-2022 « , conçu par l’économiste Jean-Pisani Ferry, qui avait coordonné le projet d’Emmanuel Macron pendant la campagne, semble presque parfait. Il va mobiliser des ressources sur quatre priorités dont 11 milliards intégralement destinés aux jeunes et demandeurs d’emploi :

-la transition écologique (20 milliards),
-la formation, notamment celle des chômeurs (15 milliards),
-l’innovation et les universités (13 milliards) et
-la transformation de l’Etat par le numérique (9 milliards).

Sur les 57 milliards, 30 milliards viendront de nouveaux crédits budgétaires. Le reste proviendra soit de redéploiements de fonds déjà budgétés (12 milliards), soit de financements par des prêts (par exemple de la Caisse des Dépôts, beaucoup mis à contribution) qui ne pèsent pas sur les Finances Publiques.

Une belle incohérence sur l’innovation selon Challenges
Ce projet est, en partie, incohérent selon l’hebdomadaire Challenges. Il finance le plan d’investissement d’avenir (le dispositif hérité du Grand Emprunt de Nicolas Sarkozy en 2009 et piloté par Louis Schweitzer, ex patron de Renault) à hauteur de 10 milliards d’euros, des actions vers l’innovation et l’université. Mais en parallèle, Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie, porte un fonds de 10 milliards, alimenté par le produit des privatisations, qui va, lui aussi, financer l’innovation. Comprenne qui pourra… Surtout, l’efficacité de ce plan quinquennal se jugera dans sa mise en œuvre.  » Les crédits pourront être réalloués, en fonction de la performance des programmes « , relève Jean-Pisani Ferry. Par exemple dans la formation, L’idée n’est pas de faire du quantitatif mais de cibler les actions favorisant réellement le retour à l’emploi. Vaste programme. Car l’Etat a du mal à évaluer et réorienter ses actions de façon ciblée, comme le montrent les exemples récents de suppression hâtive d’emplois aidés (écoles en milieu rural, département pauvre comme la Seine Saint-Denis…). Ce plan sera piloté par le Commissariat Général à l’Investissement, spécialisé sur l’innovation. Mais sera-t-il à la hauteur ? s’interroge encore Challenges.

Domoclick.com avec l’AFP et Le Moniteur

Site officiel du ministère de l’Ecologie et de la solidarité
https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/

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