Interview de Mémona HINTERMANN à la Foire du Livre de BRIVE, a déjà écrite
Quand nous étions innocents (co-écrit avec son mari , Lutz KRUSCHE, journaliste au Spiegel), Ils ont relevé la tête, des histoires qui nous aident à vivre et le fameux « Tête Haute », une autobiographie étonnante par une citoyenne du monde qui a commencé sa vie misérablement (Livre de poche, Lattès, mars 2011). Réunionnaise, Mémona HINTERMANN doit son beau parcours à l’école républicaine, depuis 26 ans, elle couvre pour France 3 la politique étrangère et la plupart des grands conflits. Entretien sur le patrimoine Allemand, le livre et la radio numérique à l’occasion du Salon du Livre de Brive* qui est ouvert depuis jeudi 4 novembre.

-Domoclick.com : Vous avez co-écrit « Quand nous étions innocents » avec votre mari Allemand. Qu’est ce que vous dites aux Jeunes français qui méconnaissent l’Allemagne ?
-Mémona Hintermann: J’inviterais les français à prendre un billet de train et se retrouver en forêt noire, de découvrir ses villages qui sont absolument préservés, à l’abri des bombardements et qui ressemblent à ceux de l’Alsace. Ou de partir au nord, récemment* j’étais du côté de Hannovre, dans des villes comme Wolfenbüttel ou Braunschweig. Du point de vue architecturale, ce sont des joyaux du Moyen-Age et de la Renaissance qui ont été extrêmement bien préservés. On serait surpris de voir des maisons à colombages aussi splendide. Dans des villes comme Hambourg ou Berlin qui ont été bombardés si atrocement, on ne peut plus deviner qu’elles ont été le centre de la culture. On oublie que le Romantisme vient d’Allemagne. Beethoven et Goethe sont Allemand…
– Par votre métier de journalistes et d’auteure de livres, vous êtes familière du multimédia, comment voyez-vous l’avenir du livre numérique ?
MM: Je sais qu’il pose déjà un problème juridique et de droits d’auteur, de l’appropriation que l’autre peut penser, dire, écrire, reproduire; Nous en sommes qu’au début mais il faudra déjà prévoir des gardes-fous et faire en sorte que le fruit du travail, de la réflexion et pour certains le fruit du talent soient mieux préservés qu’il ne l’a été jusqu’à présent.
-Quelles innovations vous changent la vie quand vous rentrez chez vous après plusieurs semaines d’absence en reportage ?
MM: Je suis quelqu’un d’assez conservateur dans ma manière de vivre. J’ai besoin d’ une chambre calme, belle avec peu de meubles. Je n’aime pas le fouillis des objets rapportés de tous azimuts alors que je voyage beaucoup. J’aime la tranquillité avec la radio que j’écoute beaucoup, je n’aime pas tellement la télévision chez moi contrairement à ce qu’on peut croire alors que j’y travaille. Et les livres, j’aime beaucoup les livres !
-Ecoutez-vous la radio sur internet ?
MM : Oui , au bureau mais chez moi j’aime bien le maniement de la radio avec ses boutons.
-Un français sur dix souffrent de profonde solitude, est-ce « l’héroïsme du quotidien » dont vous parlez dans votre dernier livre ; « ils ont relevé la tête » ?
MM : Je pense que c’est plus. Je suis persuadé que la solitude atteint une marée humaine plus impressionnante. Sauf que les gens n’osent pas le dire, ils ont très peur de dévoiler leur tristesse et parfois leur mal-être. Simplement, pour s’ouvrir aux autres, il faut aussi faire un pas, deux pas, trois pas.
*Interview inédite réalisé à Brive en novembre 2010 pour Domoclick.com
30éme foire du livre de Brive la Gaillarde:
http://www.foiredulivre.net/
Editions LATTES:
http://www.editions-jclattes.fr/auteur-memona-hintermann-000000042986