Apple pourrait attaquer le marché des moteurs de recherche ? des jeux en ligne ? Pas vraiment , même si certains observateurs de la Silicon Valley y avaient pensés. Non c’est sur le secteur de la TV, par le haut de gamme, estiment les analystes dont Morgan Stanley. L’agence d’études marketing Américaine indique qu’Apple travaille sur la sortie d’un modèle de téléviseur, qui pourrait accroître son chiffre d’affaires annuel de l’ordre de 30%. Mais la raison non-dite, c’est la passion de Steve Jobs pour le design Sony, et ses téléviseurs, dès les années 80 qui a façonné le culte du design d’Apple. Un modèle a chassé l’autre ? A vérifier avec cette rumeur que Le Figaro entretient dans son édition de ce matin.

 » Le scénario menant à la sortie d’un téléviseur Apple se précise. Comme au cours des mois qui ont précédé la présentation de l’iPad, en janvier 2010, c’est en Asie que les indices commencent à se multiplier. Depuis le début de l’année, des analystes qui se sont rendus sur place sont revenus avec l’assurance qu’Apple avait déjà commencé à travailler avec ses sous-traitants sur le projet. «Apple en est au stade préliminaire de la conception d’une télévision», écrivait ce weekend Katy Huberty, de la banque d’affaires Morgan Stanley.

L’entrée d’Apple dans le segment des téléviseurs, pourtant encore à l’état de rumeurs, est donc déjà l’objet de savantes conjectures dans les milieux financiers. D’après l’analyste Gene Munster de Piper Jaffray, qui a publié une note la semaine dernière, une télé Apple apporterait à l’entreprise un chiffre d’affaires annuel de 2 milliards de dollars en 2012, sur un marché total d’une centaine de milliards de dollars. De son côté, Morgan Stanley table sur des revenus supplémentaires à long terme de 19 milliards de dollars, soit les trois quarts du chiffre d’affaires généré par l’iPhone en 2010.

L’Apple TV intégré dans un téléviseur
Si les analystes se montrent si sûrs deux, c’est que tout pousse a priori Apple à se lancer dans la télévision. L’entreprise en a d’abord les moyens financiers, grâce aux bénéfices générés ces dernières années par l’iPhone et l’iPad. Campé sur une réserve de liquidités de 77 milliards dollars, Apple a annoncé en début d’année la signature d’un contrat de deux ans de 3,9 milliards de dollars auprès d’un mystérieux fournisseur. Selon Gene Munster, cet investissement permettra l’approvisionnement en écrans de 3,5 pouces (la diagonale de l’iPhone) jusqu’à des téléviseurs de 50 pouces.

Plus important encore, les analystes rappellent que la télévision trouve parfaitement sa place dans la stratégie d’Apple. La société de Steve Jobs commercialise depuis 2007 l’Apple TV, un boîtier qui donne accès aux contenus du Mac et à des services en ligne sur le grand écran du salon. D’abord qualifié de «hobby», le petit appareil a bénéficié d’une importante mise à jour à l’automne dernier. Il repose désormais sur les mêmes bases que l’iPhone, dont il reprend le processeur et le système d’exploitation, iOS. Apple en aurait vendu 2 millions depuis lors.

En sortant un téléviseur, Apple pourrait donc intégrer l’Apple TV dans un écran plat et y ajouter quelques nouvelles fonctionnalités. «La visioconférence FaceTime, la boutique d’applications App Store et iTunes et le jeu y trouveraient naturellement leur place», écrit Brian White, de Ticonderoga Securities. Cette télévision afficherait les photos, les musiques et les fichiers archivés sur iCloud, le nouvel espace de stockage en ligne d’Apple, suggère Gene Munster. Comme pour l’Apple TV actuel, l’appareil se dirigerait depuis un iPhone ou un iPad, en guise de télécommande.

Les réticences des chaînes de télévision

Pour les analystes qui se sont penchés sur le sujet, les acteurs déjà bien installés, tels que Samsung, LG et Sony auraient fort à craindre de l’arrivée d’Apple. La puissance de sa marque et la singularité de son design feraient des ravages. «La télévision est au centre des salons du monde entier, et une télévision Apple serait vraisemblablement un énorme succès», anticipe Ticonderoga Securities. Comme pour l’iPhone, Apple pourrait tenter de pénétrer le marché par le haut de gamme, avec un modèle à 2000 dollars, suggérait Piper Jaffray à l’été 2010.

En plus de rivaliser avec des fabricants d’électronique, Apple répondrait aussi à Google et à Microsoft, qui ont fait de la télévision un axe de développement majeur. Après des essais en demi-teinte dans la télévision connectée, Microsoft a déjà pris de solides position dans les foyers grâce à la Xbox 360, et à ses services de vidéo à la demande et de visioconférence. Google, qui a lancé l’an dernier la plateforme Google TV, est lui plus à la peine. Mais une mise à jour importante, baptisée «Fishtank», est en préparation.

Malgré ces prévisions optimistes, Apple devra s’adapter hors des États-Unis à des marchés locaux très particuliers. En France, les opérateurs télécoms donnent déjà accès à de la vidéo à la demande et à Internet, grâce à leurs «box», très bien implantées. Pour l’instant, les télévisions connectées sont davantage des télévisions «connectables», jugeait la semaine dernière Nonce Paolini. Préparant l’arrivée d’Apple et de Google, le patron de TF1 a d’ailleurs demandé une «sanctuarisation du signal», pour que ces nouveaux acteurs de la télévision connectée n’ajoutent pas des informations interactives sur les émissions des chaînes, sans leur autorisation.

Par Benjamin Ferran pour Le Figaro.fr

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Jérome Robert
Ex concepteur-redacteur multimedia, Jerome ROBERT est co-fondateur du site Domoclick.com créé en 2000 à Albi (81000 FRANCE) sur l'innovation et la communication dans l'habitat. Il a co-écrit avec Laurent FABAS (ingénieur thermicien) le "Guide de la maison économe, la solution écologique" (Eyrolles pratique 2008) !